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Secret War - Livre 1


 

 

   Avec un salut poli, Ryuichi quitta Kieko en soufflant et retourna à sa mission avant qu'il n'ait à nouveau des ennuis. Ce qui semblait être son état naturel.
   Peu importe à quel point il essayait, il foirait toujours les choses.
   Mais ça avait été bon de voir la vieille folle un instant. Bien que la raison pour laquelle ils l'aient traitée de folle, il n'en était pas sûr. Elle lui semblait plus saine que la plupart des autres à qui il était obligé de faire face. En fait, il l'aimait plus que la plupart des gens soi-disant sains d'esprit qui erraient. Au moins Kieko n'était pas mesquine. Elle ne le faisait pas non plus se sentir mal chaque fois que leurs chemins se croisaient.
   Jamais il ne l'avait vue être cruelle envers qui que ce soit, d'ailleurs. Pourtant, d'autres étaient terribles avec elle. Ils se moquaient d'elle et la rabaissaient autant qu'ils l'avaient fait pour lui. Plusieurs fois sans autre raison que le fait  de respirer le même air qu'eux.
   Il n'avait aucune idée du pourquoi elle restait ici et tolérait leurs abus.
   S'il avait sa liberté, il partirait et ne reviendrait jamais dans ce village maudit.
   Pourtant Kieko restait pour des raisons qu'elle seule connaissait.
   Peut-être qu'elle était aussi abandonnée et sans amis que lui. Elle semblait définitivement être sans famille ni ami.
   Il en avait mal pour elle et c'était pour cette raison qu'il faisait tout son possible pour être gentil avec elle chaque fois que leurs chemins se croisaient.
   Et ces pensées ramenèrent sa tristesse alors qu'il se dirigeait vers les écuries.
   Avec un soupir irrégulier, il s'élança dans l'ombre en voyant Mōri Hitoshi et Niwa Kin se diriger vers lui, riant ensemble dans leurs plus beaux atours. Comme deux petits oni diaboliques venus pour menacer n'importe quelle victime innocente qu'ils pourraient trouver. Il les imagina même avec des cornes sortant de la tête.
   Bien qu'ils aient le même âge que lui, ils se croyaient supérieurs à tous les égards. Ou à quelqu'un d'autre d'ailleurs.
   Même s'il savait qu'aucun d'eux n'était aussi bon avec une épée ou même des baguettes que lui. Quelque chose qui se confirmait tous les jours quand ils s'entraînaient, qu'il les mettait à genoux et qu’alors ils criaient qu'il avait triché, ce qu'il n'avait jamais fait. Il n'avait pas à le faire car ils étaient juste incompétents.
   Ou au moment des repas où plus de riz se retrouvait sur leurs genoux que dans leur bouche.
   Pourtant, tout le monde pensait qu'ils étaient géniaux et qu'il n'était rien.
   Grâce à l'honneur et la réputation de leurs pères.
   La dernière chose dont Ryuichi avait besoin en ce moment était une autre rencontre avec l'une ou l'autre de leurs langues cinglantes.
   Ou pire, leurs poings.
   "J'aimerais qu'ils trébuchent.
   Les mots murmurés n'avaient pas plus tôt quitté ses lèvres que l'épée d'Hitoshi glissa et s'emmêla avec ses pieds. Il haleta et tomba sur Kin. Enlacés, ils atterrirent tous les deux en une masse honteuse sur le sol.
   Ryuichi resta bouche bée alors que leur sensei s'empressait de les gronder pour leur maladresse.
   -Déshonneur sur vous deux ! Levez-vous et nettoyez-vous avant que quelqu'un ne vous voit !
   Pourtant, Ryuichi regardait fixement l'accomplissement de son désir murmuré. Quelles étaient les chances pour que cela arrive ?
   Cela s'était passé comme il l'avait souhaité…
   Tellement concentré sur eux, Ryuichi ne regardait pas ses propres pas qui le portaient directement vers quelqu'un d'autre.
   -Pardon ! Bonjour ?
   Abasourdi, il réalisa qu'il était entré en collision avec une fille incroyablement belle. Avec des yeux marron foncé remplis d'intelligence et d'humour. Ses cheveux noirs étaient coiffés d'un geiko shimada qui ressemblait au chonmage d'un samouraï… sauf que le haut de sa tête n'était pas rasé.
   Elle sentait aussi les cerises et les amandes.
   Quand elle sourit, deux fossettes profondes apparurent sur ses joues.
   -Est-ce que vous allez bien ?
   Ryuichi pouvait à peine penser à répondre.
   -Euh… Oui.
   -Alors, puis-je récupérer mon bras ? 
   Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'il avait attrapé le kimono bleu de la fille lorsqu'il avait trébuché et qu'il la tenait toujours.
   -Je suis vraiment désolé !
   Gêné, il lâcha rapidement et s'éloigna.
   -C'est bon.
   En reculant, elle redressa ses manches de kimono et le petit Suji Kabuto qu'elle portait. Au nombre de rayures sur ce casque, Ryuichi savait qu'elle était issue d'une famille riche. Pour un homme adulte, avoir une armure aussi belle serait impressionnant.
   Le fait qu'il ait été fait pour quelqu'un de son âge…
   Ryuichi déglutit de peur de ce qu'il venait de faire. Accident ou pas.
   S'inclinant devant elle, il pria pour ne pas l'avoir offensée.
   Surtout, il pria pour qu'elle ne soit pas de l'une des familles de samouraïs les plus respectées. Elle pourrait le faire fouetter pour sa maladresse.
   -Pardonnez-moi, ma dame. 
   Elle s'inclina devant lui.
   -Rien à pardonner, mon seigneur. J'aurais dû être plus prudente et regarder où j'allais aussi. Elle afficha à nouveau ce sourire espiègle. Je suis Hattori Takara.
   Bien sûr qu'elle l'était…
   De toutes les personnes à rencontrer ! Ryuichi gémit intérieurement au nom de Hattori et à sa chance toujours pourrie. Elle n'était pas seulement bien née… Elle était apparentée à l'une des familles les plus en vue, réputée pour ses prouesses au combat.
   Et il venait de la renverser. Par toutes les étoiles ci-dessus, il aurait de la chance s'ils ne l’éventraient pas pour cet affront.
   -Takara !
   Elle se retourna lorsqu'un des anciens seigneurs l'appela.
   Reconnaissant envers cette distraction, Ryuichi ne perdit pas de temps à courir vers l'écurie et se mettre hors de sa vue.
   Peut-être qu'elle oublierait qu'il était là.
   Tout le monde pensait qu'il était invisible. Espérons qu'elle le ferait aussi.
   Aussi vite qu'il le pouvait, il contourna la porte et se pressa à l'intérieur, dans l'ombre pour pouvoir observer Takara.
   -Garçon ? Elle jeta un coup d'œil autour d’elle.
   Bien sûr, elle se souvenait qu'il était là.
   -Takara ! Viens ici maintenant !
   Grimaçant à cet appel, elle jeta un dernier coup d'œil une fois de plus avant de se diriger vers l'homme qui l'appelait.
   Le cœur de Ryuichi battait la chamade alors qu'il la regardait partir. Dans son esprit, il imagina un instant qu'il était Hitoshi ou l'un des autres garçons de la fête. Celui qui avait un nom de famille à lui donner qui serait égal au sien.
   Mais il n'était personne.
   Rien de spécial.
   Seulement un fléau qui l'embarrasserait pour l'avoir déshonorée en la touchant d'une manière si familière.
   Et donc il se dirigea vers la grange où il entendit un son horrible. Aigu et impie, il lui vrilla les oreilles et le fit tressaillir.
   Qu'est-ce qui peut faire un tel cri ? Une chouette malade ?
   Les chevaux piétinaient et hennissaient dans leurs stalles, tentant de fuir le bruit.
   Non pas qu'il les blâmait. Si le son n'était pas assez mauvais, ça sentait comme si Ito avait pété après avoir mangé du chou pourri.
   Ryuichi se dirigea vers le premier box, voulant calmer le cheval avant qu'il ne se blesse. Yoshi-san aurait sa tête si quelque chose arrivait à son destrier préféré.
   Mais avant qu'il ne puisse l'atteindre, une tache floue passa devant ses pieds. Quelque chose d'autre passa devant sa tête.
  -Stop ! cria un garçon à sa droite.
   Que diable… ?
   Ryuichi se retourna et fut agressé par toutes sortes de choses explosant autour de lui. Même la paille semblait vivante. Les fourches combattaient les selles, et les balais attaquaient les brides.
   -Yôkai ! cria un garçon. Vas te cacher, toi !
   Sans blague ! Comme s'il ne l'avait pas compris étant donné la quantité d'obstacles volant vers sa tête et à ses pieds. Se baissant, il leva les mains pour protéger son visage tout en essayant de ne pas trébucher sur les choses qui se disputaient dans la paille.
   Effrayé, Ryuichi grogna et sentit une vague étrange le traverser.
   A cet instant, les fourches les plus proches de lui se projetèrent dans le mur.
   Maintenant inoffensives, elles tombèrent au sol.
   Le garçon qui l'avait appelé le regarda avec admiration.
   -Qu'est-ce que tu as fait ?
   -Aucune idée.
   -Peux-tu le refaire ? 
   Ryuichi essaya de faire sauter les selles par la pensée. Deux tombèrent au sol. L'une esquiva et les autres continuèrent à se battre.
   Bien…
   Il avait presque réussi.
   Ensuite, le reste des objets se tourna vers eux deux.
   Et commença à les épier.
   -Euh, je pense qu'ils sont en colère.
   Ryuichi fit un pas en arrière.
   -Je pense qu'ils vont attaquer.
   A peine avait-il parlé qu’ils le firent. Ryuichi essaya de les bloquer à nouveau.
   Ça ne fonctionna pas.
   Du moins pas au début. Pas avant qu'ils ne l'atteignent. Ensuite, les objets s’effondrèrent.
   Abasourdi, il fixa ses mains, émerveillé par ce qu'il avait fait sans même vraiment essayer.
   Comment était-ce possible ?
   -Mikito ! Que fais-tu ?
   Ryuichi baissa les mains lorsqu'il réalisa que Mikito était le garçon à côté de lui. Et l'homme qui parlait était un samouraï de très haut rang et en colère.
   Mikito s'inclina.
   -Pardonne moi père. J'allais chercher l'épée quand j'ai été attaqué.
   Son père regarda le désordre avec une mine renfrognée le long de son front.
   -Le Yōkai était après l'épée ? 
   -Oui Monsieur.

 


Texte original © Sherrilyn Kenyon
Traduction © Dark-Hunter Francophone

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