AVERTISSEMENT :

L’extrait suivant comme l’ensemble de ceux présents sur ce site internet, a été traduit par l’équipe de Dark-Hunter Francophone d’après le strict respect du texte original (dialogues et syntaxe).
Le texte que vous retrouverez ci-dessous n'est donc pas forcément celui que vous trouverez dans l'édition française.

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Les MacAllister #4,5 - Midsummer’s Knight


Prologue

 

   

Un tournoi à Rouen - France

   "Simon ! Aidez-moi !"
    Simon de Ravenswood leva les yeux de sa table à l'intérieur de la tente à rayures bleues et blanches.
  À travers l’ouverture, il vit Christopher de Blackmoor courir vers lui aussi vite qu’il le pouvait. À peine trois ans plus jeune que Simon, Christopher n’était pas le genre d’homme à courir. Il était normalement lent à bouger, peu disposé à se dépenser et n'avait jamais élevé la voix. Certains pourraient l'appeler paresseux, mais Simon savait que ce n’était pas le cas.
   Christopher était un homme dévoué, bien que tranquille.
   La tunique de Christopher était déchirée, son visage pâle.
   Simon se leva immédiatement, oubliant sa lettre en voyant la panique se refléter dans les yeux verts de Christopher.
   Le jeune homme se précipita dans la tente, droit vers lui.
   "Qu'est-ce qu'il y a, Kit ?
   Christopher attrapa le bras de Simon et le tira vers l’entrée. "Viens vite. Stryder a besoin d'aide. Il est sur le point d’être mis en pièce."
   Simon n’hésita pas. S’échappant de la poigne de Christopher, il attrapa son épée près du lit et l'attacha alors qu'il courait vers la lice où Stryder s'était entraîné.
   Le frère aîné de Christopher, Stryder, quatrième comte de Blackmoor, était un homme aux nombreux ennemis et l’un des amis les plus proches de Simon. Ce n’était pas la première fois que Simon entendait parler d’opposants attaquant un homme se trouvant dans l’enceinte d'un tournoi ou d'un entraînement, mais malheur à ceux qui attaqueraient Stryder d'une manière aussi lâche.
   Personne n'attaquait jamais un de ses amis en toute impunité. Simon aurait la tête de ces bandits.
   Du moins le pensait-il.
   Il dérapa et s'arrêta alors qu'il arrivait sur le terrain où Stryder se tenait au milieu de ce qui semblait être une quarantaine de femmes.
   Des femmes avides d'hommes pour être précis, qui avaient des vues sur le comte encore dans la fleur de l'âge et qui combattait avec talent.
   Elles entouraient Stryder comme une mer de requins avides d'un morceau de chair.
   Entre autres.
   Une blonde grande et élancée hurla : "Stryder ! Prenez ma faveur."
   -Je vous aime, Lord Stryder !
   -Écartes-toi, grosse vache", cria une autre femme, "je ne peux pas le voir.
   -Lord Stryder m'a touchée !"
   Les cris des femmes étaient assourdissants alors qu'elles jouaient des coudes et se bousculaient dans un vain effort pour atteindre le pauvre homme au milieu de leur groupe. Stryder essayait désespérément de s'en extraire, mais plus il essayait de fuir, plus les dames le tenaient fermement.
   Simon éclata de rire en voyant l'un des hommes les plus puissants de la chrétienté capturé et bousculé par de simples femmes. Personne ne voyait souvent l’incertitude de Stryder de Blackmoor.
   Et Simon devait admettre qu'il aimait voir son ami perdu pour une fois. C'était rafraîchissant de savoir que Stryder était vraiment humain et non le démon sans âme de la légende de Blackmoor.
   "Stryder ?" Appela Simon, élevant sa voix pour s'assurer qu'elle portait sur celle des femmes. "Cette sangsue de médecin m'a donné la crème que vous aviez demandée. Il a dit que votre éruption cutanée devrait bientôt disparaître, mais en attendant, c'est très contagieux."
   Le silence descendit presque instantanément sur la foule.
   "Qu'a t'il dit ?" Demanda l’une des femmes.
   "Éruption," répéta une autre.
   "Je n’ai aucunement envie d’avoir une autre éruption cutanée," tonna une autre, en reculant.
   "À quel point est-ce contagieux ?" Demanda Stryder, ses yeux bleus dansant d'une joyeux espièglerie alors qu'il entrait dans le jeu.
   Simon garda son visage sérieux, son ton grave. "Extrêmement. La sangsue dit que vous devriez être mis en quarantaine avant de le répandre dans le château et de rendre tout le monde malade. Il a dit que cela pourrait vous rendre aveugle si vous ne faites pas attention."
   Une femme cria et sursauta pendant que la foule dans son ensemble se reculait légèrement de Stryder. Certaines des femmes les plus intelligentes regardaient Simon avec scepticisme.
   "Quelle sorte d'éruption cutanée est-ce ?" demanda une petite femme aux cheveux noirs. "Je n’en ai jamais entendu parler et je ne vois aucune éruption cutanée sur Lord Stryder".
   Simon baissa son regard sur la zone juste en dessous de la ceinture de l’homme. "C'est parce qu'elle réside dans un endroit très privé." Il regarda son ami avec consternation. "La prochaine fois que je vous dirai de vous abstenir de visiter des maisons de mauvaise réputation, vous m'écouterez, n'est-ce pas ?"
   Les femmes firent divers bruits de détresse et coururent se mettre à l'abri.
 
   Stryder le regarda, son visage mêlant gaieté et envie de meurtre. "Je ne sais pas si je devrais te remercier pour cela ou te battre."
   Simon lui offrit un demi-sourire. "Préférez-vous que je vous laisse à elles ?"
  Stryder se frotta la nuque et fronça les sourcils en voyant le sang sur sa main là où l'une des femmes l'avait griffé. "Non, je suppose que non, mais j'aurais aimé que tu penses à une meilleure histoire.
   -Très bien, alors, la prochaine fois, je leur dirai que vous êtes fiancé.
   Stryder en rit ouvertement. "C’est un événement qui n’arrivera jamais. La terre telle que nous la connaissons périra bien avant que le comte de Blackmoor ne prenne une épouse.
   -Ne dis jamais jamais, mon ami", le prévint Simon. "Des hommes beaucoup plus têtus que toi l’ont proclamé et sont tombés sur l’arc de Cupidon.
   -Peut-être, mais je ne suis pas comme les autres hommes."
   Et Simon non plus, pas alors les deux hommes avaient une vocation différente – de celle qui avait mené leurs vies loin des pensées d’un mariage –.
   Non, ni lui ni Stryder ne se marieraient jamais. Il y avait trop d'autres vies qui dépendaient des leurs. Trop d'autres vies se tournaient vers eux pour se protéger.
   Une femme ne comprendrait jamais leurs engagements.
   Stryder le rejoignit et ils retournèrent vers les tentes. "Promets-moi juste une chose, Simon.
   -Qui est ?
   -Que le jour où je donnerais ma parole à une femme, tu m’exécuteras."
   Simon rit. "Tu préfères être mort que marié ?"
   Le visage de Stryder devint mortellement sérieux. "Oui, je le préférerais.
   Simon hocha la tête de compréhension. Tout comme sa mère, celle de Stryder était morte violemment pendant l’enfance de son fils. C'était l'une des choses qui avaient forgé leur amitié il y a des années, une tragédie commune qui leur permettait de se comprendre.
   Au fil des ans, encore plus de tragédies les avaient liés plus étroitement que des frères.
  "Très bien. Mais je dirais toujours que les fiançailles sont exactement ce dont tu as besoin pour faire face à ta légion d'admiratrices enragées. Une femme les ralentirait et te laisserait un peu de temps pour vaquer à tes occupations sans que les dames se jettent sur toi.
   L’humour revint aux yeux de Stryder. "Hmmm, une femme. Trouves-moi une fille avec des épaules solides pour laquelle je pourrais être tenté, Simon, et je pourrais peut-être te reprendre là-dessus.

 

Francfort, Allemagne
Trois mois plus tard

   Le rugissement de la foule était assourdissant, mais c'était toujours le cas à chaque fois que Stryder de Blackmoor entrait dans la lice.
  Les chevaliers étaient vêtus d'une armure complète de tournoi lorsqu'ils étaient présentés par les hérauts à la foule enthousiaste qui s'était rassemblée pour ce jour de sport.
  Simon resta en arrière-plan, regardant le dos de Stryder comme il le faisait toujours. C'était ce qu'il faisait le mieux. Son frère, Draven, l'avait souvent appelé son ancre. Alors que d'autres recherchaient la gloire et la renommée, Simon ne cherchait qu'à protéger ceux qu'il aimait.
  Il avait appris depuis longtemps que la gloire et la richesse ne signifiaient rien en se tenant au-dessus de la tombe de quelqu'un qui lui était cher. Ni réconfort ni chaleur.
  Aucune des deux n'apportait le vrai bonheur.
  Seules l'amitié et la fraternité faisaient cela.
  Et, bien sûr, l'amour.
  Simon n’avait pas besoin de troubadours pour écrire des chansons sur lui. Il n'avait aucune envie de faire pâmer une femme.
  Sauf une.
  Elle dont il n'osait pas dire le nom parce qu'elle était la seule chose qu'il ne pourrait jamais avoir.
  Il y a longtemps, dans un pays aride, alors qu'il n'était rien de plus qu'un garçon affamé qui aspirait à rentrer à la maison, il avait fait la promesse que, tant qu'il vivrait, il passerait sa vie à aider les autres à rentrer chez eux dans les familles qui les aimaient.
   Une maison. C'était la seule chose qui lui avait manqué en grandissant. Oui, Draven l’avait aimé, mais enfants, ils n’avaient pas eu de vraie maison. Ravenswood avait été quelqu’un de dur et effrayant.
  La Normandie avait été interminable et hostile, et même maintenant, il ne voulait absolument pas penser à Outremer*.
  La seule chose sur laquelle Simon avait jamais pu compter étaient les trois hommes qu'il considérait comme sa famille – Draven de Ravenswood, Sin MacAllister et Stryder de Blackmoor –.
  Draven et Sin lui avaient permis de survivre aux horreurs de son enfance à Ravenswood, et Stryder avait été celui qui l'avait gardé sain d'esprit tout en vivant dans l'enfer qu’était la prison sarrasine.
   Il n’y avait rien qu’il ne ferait pas pour eux.
   "Si ?"
   Simon regarda Stryder, qui était à sa droite, montant son cheval.
   Une fois installé sur son cheval, Stryder lui lança un sourire provocateur. "Tu rêves encore, mon vieux ? Prends ton épée et tiens-toi prêt.
   Simon se moqua de lui. "Rêvasser ? Ha ! Je réfléchis simplement à la façon dont j'ai l'intention de dépenser mes gains aujourd’hui quand je t’aurais désarçonné.
   Stryder en rit à haute voix. Il inclina la tête vers le ruban rouge que Simon avait noué autour de ses biceps. "Qui est la chanceuse dame ?
   -Elle ne te concerne en rien."
   Il sourit sciemment. "Peut-être que j’aurais un peu de pitié pour toi alors, et te laisserais prendre quelques coups avant de te faire perdre toute dignité. Avec un peu de chance, elle pourrait être disposée à embrasser tes blessures.
   Si seulement Simon pouvait avoir autant de chance.
   Mais hélas, sa dame était loin de lui.
   Elle le serait toujours. Il était impossible qu’un caillou touche une étoile. Et elle était une étoile. Brillante, lumineuse. Tellement loin au-dessus de lui qu'il n'osait même pas la regarder car finalement, il ne pourra jamais la revendiquer.
   Il baissa les yeux sur le ruban et son cœur se serra douloureusement.
   Les hérauts les appelèrent sur la lice et la journée à venir s’avérait longue.
  Simon s'était lassé du circuit des tournois. Contrairement à Stryder, il n'y voyait aucune utilité. Mais il restait par loyauté - Stryder avait besoin de quelqu'un pour le protéger qui serait au-delà de la corruption.
  Et au vu du prix sur la tête de Stryder, ces personnes étaient bien trop exceptionnelles et rares.
 

  Alors que la journée touchait enfin à sa fin, Simon se retrouva avec Stryder et Christopher, marchant vers leurs tentes alors que les femmes essayaient de se saisir de Stryder et le harcelait de propositions.
   "C'est triste, n'est-ce pas ?" Demanda Christopher avec lassitude. "Je pense que je devrais demander à l'armurier de fabriquer un casque plus grand pour demain afin qu'il puisse tenir sur la grosse tête de Stryder."
   Simon en rit. "En effet, mais je crains qu’une pénurie d’acier ne se produise si nous essayions de tenir compte de son affreuse caboche.
   Stryder se moqua. "Vous êtes tous les deux jaloux. J'ai le choix de mes compagnes de lit, pendant que vous dormez tous les deux seuls.
   Simon lança un regard entendu à Christopher. "Il me semble, Kit, qu’il n’y a pas suffisamment de place dans son lit pour lui et son ego. On se demande comment il réussit à y faire entrer une femme.
   Christopher se mit à rire.
  "La peste soit sur vous deux," dit Stryder.
   Simon sourit. "Et sur ton ego."
   Stryder grogna, marchant la tête baissée alors qu'il tâtonnait l’un des lacets noués sur sa cuirasse.
  Lorsqu'ils contournèrent une tente, une ombre attira l'attention de Simon. Il eut à peine le temps de réagir lorsqu'un homme se précipita sur Stryder en tirant une dague.
   Avant que l'assassin n'ait pu atteindre son ami, Simon l'attrapa et, après une brève lutte, le jeta au sol. Simon le désarma rapidement et le tint coincé par le cou.
   Stryder eut un rictus de dégoût.
  "Ces attentats contre ma vie deviennent assez monotones."
   Simon le regarda d'un air stupide. "Pries pour qu'ils ne réussissent pas."
   Stryder hocha la tête en relevant l'assassin. "Merci, Simon. Christopher et moi l’emmenons aux gardes. Tu veux bien te joindre à nous dans la salle ?"
   Simon toucha le ruban sur son bras, pour se rendre compte qu'il avait été arraché pendant la lutte.
   Son estomac se contracta. "Non, j'ai quelque chose à faire."
   "Pas une autre lettre," gémit Christopher. "Je te jure, Simon, tu es arrivé au point où tu écris plus que moi, et je suis un ménestrel."
   Simon ne dit rien car ils l’avaient déjà laissé seul. Au lieu de cela, il fouilla le sol jusqu'à ce qu'il trouve les morceaux en lambeaux de son ruban.
   Instantanément soulagé, il les serra dans sa main et tira la lettre de sa tunique, où il l'avait serrée contre sa poitrine.
   Elle lui avait été délivrée juste ce matin alors qu'il enfilait son armure pour le tournoi.
   Il en brisa le sceau écossais et en ouvrant la lettre, trouva une minuscule mèche de cheveux bruns.
   Ses cheveux.
   Il la tenait fermement dans sa main, ne voulant pas la lâcher. Le portant à son visage, il sentit la moindre trace de son odeur.
   Simon sourit.
   Puis il lu avec empressement l’écriture féminine.
 

   Mon cher guerrier,

  J'espère que cette lettre vous trouvera bien et indemne. Je crains que le dernier messager que vous m’ayez envoyé ne soit plus jamais soudoyé pour me porter une autre de vos lettres. Il semble que je l'ai un peu endommagé dans mon enthousiasme à le soulager de son vil fardeau.
  J'espère seulement que sa cheville guérira bientôt.
  Vos paroles m'ont profondément touchée et je suis vraiment désolée que vous ayez le mal du pays. J'allais vous envoyer un peu de terre, mais j'ai pensé qu'il serait plutôt ridicule de vous accabler avec cela. Sans oublier que la terre est toujours la même, n'est-ce pas ? Et si vous la lâchez, vous ne pourrez pas la récupérer.
Alors j'ai pensé que mes cheveux pourraient peut-être vous réconforter. J'espère que vous ne remarquerez pas les traces aux extrémités. J'ai peur d'avoir appris une leçon précieuse avant-hier.
  En rêvant à vous et à votre dernière lettre, je suis devenue distraite dans la cuisine et je ne faisais pas attention à l'endroit où je posais la bougie.
  Mais j'ai découvert quelque chose de plus important. Les garde-manger prennent feu assez facilement. Et une fois brûlé, le grès est impossible à nettoyer. La cuisinière m'a banni éternellement de la cuisine m’ayant d'abord interdit de participer à nouveau à ses services.
  Après quelques consolations, elle m'a enfin accordé le droit de manger, mais à condition que je jure de ne plus jamais entrer dans son domaine.
  Vous me manquez, ma cher. Sachez que où que vous soyez ce soir, mes pensées et mon cœur sont avec vous.
  Prenez soin de vous et que Dieu vous accorde la paix et la santé jusqu'à ce que vous vous retrouviez chez vous avec ceux qui vous aiment.

  A vous pour toujours,

  K

    Simon tenait sa lettre dans son cœur. De la même manière qu’il voulait cette femme. Il avait besoin d'elle.
   Si seulement il était Stryder. Alors il pourrait la courtiser. Lui demander sa main.
  Mais en tant que Simon de Ravenswood, il ne pouvait rien faire de plus que se languir pour son étoile, sachant que le jour où ils pourraient être ensemble ne viendrait jamais.
   Il ne l'avait trouvée que pour la perdre.
   Le destin était souvent impitoyable.
   Soupirant, il prit sa lettre et se dirigea vers sa tente. Au moins là-bas, pendant un petit moment, il pourrait prétendre être quelqu'un d'autre.
   Quelqu'un qui pourrait offrir son serment à la femme qu’il aimait.

 


Note de la traductrice :
*Outremer est l’autre nom de la Terre Sainte.


Texte original © Kinley MacGregor - 2003
Traduction © Dark-Hunter Francophone