AVERTISSEMENT :

L’extrait suivant comme l’ensemble de ceux présents sur ce site internet, a été traduit par l’équipe de Dark-Hunter Francophone d’après le strict respect du texte original (dialogues et syntaxe).
Le texte que vous retrouverez ci-dessous n'est donc pas forcément celui que vous trouverez dans l'édition française.

Toutefois nous ne sommes pas traductrices professionnelles, le sens d'une phrase peut nous avoir échappé. Si vous trouvez une faute ou une phrase mal construite, n'hésitez pas à nous le signaler par e-mail.


Les MacAllister #4,5 - Midsummer’s Knight


Chapitre 1

 

  Angleterre
 Onze mois plus tard

   "Félicitations, Lord Stryder. Je n'ai jamais pensé voir le jour où tu prendrais une épouse.
   Stryder leva les yeux alors que les mots du noble plus âgé résonnaient dans ses oreilles. Il s’était assis pas plus de cinq minutes avant de rompre son jeûne après une matinée passée à s’entraîner dans la lice.
   Il avait chaud et était en sueur, et n'était pas tout à fait sûr d'avoir bien entendu l'homme.
   "Une mariée ?" Répéta Stryder avec scepticisme.
   Le visage ratatiné du vieil homme rayonnait, et ses yeux bruns fanés brillaient de tous ses bons vœux. "Et une héritière écossaise, rien de moins. Un beau mariage que vous avez fait, mon garçon. Très bien. " Il frappa Stryder dans le dos et s'éloigna.
   Stupéfié, Stryder fronça les sourcils et retourna à sa nourriture. Nul doute que le noble était devenu sénile avec la vieillesse.
   Du moins c'est ce qu'il pensait.
   Ce fut la première de plusieurs rencontres de ce genre, et alors que la matinée avançait et qu'il s'acquittait de ses tâches, Stryder ne pouvait penser qu'à une seule personne qui répandrait des ragots infondés à son sujet.
   Simon de Ravenswood.
   Il sourit. Simon lui avait promis la paix pendant qu'ils étaient en Angleterre pour la joute annuelle à Stantington. Tous les nobles d'Angleterre, ainsi que le roi, étaient ici pour l'événement.
   Avec les hommes étaient venues leurs nombreuses filles célibataires qui cherchaient toutes avidement des maris avec de riches bourses.
   En d'autres termes, elles le cherchaient tous.
   Normalement, il aurait été traqué et assailli par les femmes avides de richesse qui convoitaient ses terres, ses prouesses au lit et son corps.
   Dans cet ordre.
   Simon lui avait promis que s'il rentrait chez lui pour ce spectacle, Simon éloignerait les femmes et leurs mères intrigantes.
   Stryder ne savait toujours pas pourquoi son retour en Angleterre avait été si important pour Simon. Après tout, l'homme ne lui devait rien et était tout à fait libre de quitter son service à tout moment.
   Pourtant, Simon avait voulu qu'ils rentrent à la maison, et donc Stryder lui avait donné raison même s'il détestait être en Angleterre, où le passé le hantait trop vivement.
  "Une quinzaine de jours en Angleterre, mon ami. C’est tout ce que je vous demande. N'ayez crainte, je garderai loin les filles avides."
   Il aurait dû savoir que Simon tiendrait sa parole. L'homme l'avait toujours fait.
   Un mariage.
   Stryder rit à nouveau à cette pensée. Laissez à Simon le soin de vous concocter une telle histoire. Il devait à son ami un pichet de bière pour son inventivité.
   "Stryder ?
   Stryder s'arrêta à mi-chemin à travers la cour en entendant l'appel hésitant d'une voix féminine inconnue. Ses yeux se focalisèrent sur une femme d'apparence moyenne qui semblait avoir environ l'âge de Simon.
   Il y avait quelque chose en elle qui lui était vaguement familier, comme s'ils s'étaient rencontrés une fois mais qu’il ne pouvait pas vraiment se souvenir d'elle.
   Ses cheveux châtain clair étaient tressés d'un ruban rouge foncé. Son corps se penchait vers la rondeur, et ses yeux grands et bruns possédaient la douceur de ceux d’une biche.
   Elle était assez agréable à regarder mais était loin des grandes et minces servantes qui lui tournaient la tête.
   Elle lui fit un sourire accueillant qui lui donna l'envie soudaine de s'enfuir.
   Avant qu'il ne puisse bouger, elle traversa la distance entre eux et se jeta dans ses bras.
  "Oh, Stryder !" elle pleura, sa voix voilée par l’émotion avait un accent écossais. "Vous avez fait de moi la femme la plus heureuse du monde !"
   Il se tenait raide comme un bâton alors qu'elle l'étreignait. "Je vous demande pardon ? Madame, qui êtes-vous ?
   Elle en rit et se recula. "Qui suis-je ? Oh, Stryder, vous êtes vraiment drôle.
   Elle se tourna vers l'homme et la femme qui étaient avec elle. Ils vinrent se poster juste derrière elle.
   Stryder connaissait l'homme, mais il ne l'avait pas vu depuis plusieurs années.
   De cinq centimètres plus grand que lui avec un corps qui étaient fait pour tuer tout homme assez stupide pour se mettre en travers de son chemin, Sin MacAllister était plus connu par sa réputation qu'autre chose. Ses cheveux noirs n'étaient que légèrement plus courts que ceux de Stryder, et les yeux noirs de Sin regardaient Stryder et la dame inconnue avec curiosité.
   "Lord Sin", dit Stryder en inclinant la tête vers le comte. "Ça faisait longtemps."
   Et ça l'était vraiment. À certains égards, cela semblait une éternité. Stryder venait alors de gagner ses éperons. Au cours de la célébration, Sin lui avait donné de judicieux conseils qui lui avaient sauvé la vie à plusieurs reprises.
   Ne laissez personne derrière lui.
   Sin secoua son bras. "Aye, c'est vrai. Je dois te dire que j'ai été plutôt surpris quand ma cousine m'a dit qu'elle allait t’épouser. Cela ne ressemble tout simplement pas au Stryder de Blackmoor dont tout le monde parle."
   Un sentiment de terreur s'installa chez Stryder.
   Il ne savait pas quelle partie de cette déclaration l'avait le plus choqué. Il regarda la femme devant lui.
   "Je vous demande pardon ?" Il lui demanda. "Sa cousine ?"
    La femme rayonna. "Rappelez-vous ? Je vous ai dit dans ma lettre que ma cousine Caledonia" – elle lui indiqua la belle femme rousse debout à côté de Sin – "avait épousé Lord Sin. Vous avez dit dans la vôtre que vous et Sin vous connaissiez.
   "Votre lettre ?" répéta-t-il dans un murmure choqué.
   "Oui," dit-elle, le front plissé avec un froncement de sourcils. "Vous ne vous en souvenez pas ?" Elle se rapprocha de lui. "Stryder ? Est-ce que vous allez bien ? Vous avez un drôle d'air.
   Il était malade. Mal au ventre, pour être précis. "Excusez moi un instant. S'il vous plaît ?"
   Stryder n’attendit pas la permission. Il se précipita vers la grande salle avec la vitesse qu'il n'utilisait qu'au combat, quand il poursuivait quelqu'un qu'il souhaitait tuer…


   "Comme c'est étrange," dit Kenna en regardant son fiancé s'éloigner rapidement. "Qu'est-ce que vous pensez qu'il lui prend ?
    Sin jeta un regard amusé à Caledonia. "Le bon sens, sans aucun doute."
   Caledonia le frappa légèrement au ventre. "Honte à toi, Sin. Kenna pourrait penser que tu es sérieux.
   -Je le suis." Il évita son coup suivant. "Mais pas que Stryder devrait éviter Kenna en soi. De plus, il devrait fuir toute femme qui se promène avec une corde matrimoniale.
   Calédonie haleta d'une indignation feinte. "Oh merci beaucoup. Je n'ai jamais réalisé que j'étais une croix si vile à porter.
   Kenna ignora les plaisanteries taquines de sa cousine avec son mari. Elle avait appris le jour où elle avait rencontré Lord Sin que lui et Caledonia partageaient un amour profond et respectueux l'un de l'autre. Tous les deux vivaient pour se taquiner.
   Mais ce n’était pas là que son attention était concentrée. "Vous pensez que Stryder a changé d'avis ?
   Caledonia se moqua à cette idée. "Non, ma chérie. Sans doute avait-il d'autres devoirs plus pressants. Je suis persuadée qu’il reviendra à tes côtés dès qu’il le pourra."
   Elle l'espérait. L’alternative n’était pas une pensée agréable. Elle avait déjà voyagé si loin juste pour le voir, et en vérité, son accueil froid la blessait profondément.
   Avait-elle fait quelque chose de mal ?
   N'avait-il pas voulu dire ce qu'il lui avait écrit dans ses lettres ?
   Incertaine et craintive de ce que signifiait sa réaction, Kenna s'excusa et se dirigea vers le château.
   
   Elle entra dans le donjon gigantesque et se dirigea vers les escaliers en pierres incurvés, qui menaient à ses appartements à l’étage supérieur.
   Elle ne s’était certainement pas trompée sur les intentions de Lord Stryder. Sûrement pas. Nerveuse, elle se dirigea aussitôt vers sa sacoche sur le bureau près de la fenêtre. Elle y stockait toujours ses biens les plus précieux dans un étui de peau tannée foncée.
   Ses lettres.
   Elle sortit la seule lettre du dessus – celle qu'elle avait sécurisée avec un ruban rouge spécial qui correspondait à celui qu'elle portait toujours dans ses cheveux–. Celui qu'elle avait envoyé à Stryder pendant qu'il était en Allemagne. Ses mains tremblantes d'inquiétude, elle l'ouvrit et fit une vérification.
   Alors qu'elle lisait l’écriture élégante et fluide, la joie familière se répandit en elle, réchauffant chaque centimètre carré de son corps.

 Ma très chère Kenna,

  Le soleil s'est couché à présent et je me retrouve à l'extérieur de la ville de Francfort. Le tournoi s'est bien passé aujourd'hui, mais je suis plutôt ennuyé par les événements, par la foule et surtout par les chevaliers qui racontent leurs nobles actions.
 Je m'ennuie beaucoup ces derniers temps.
L'Angleterre me manque beaucoup, mais l'Écosse encore plus. Étrange, non ? Je n’ai été dans les Highlands qu’une fois, puis une autre brièvement.
  Pourtant, quand je lis vos mots, je peux sentir le souffle des vents écossais sur ma peau, me souvenir de la douce odeur de l'air. Le son de votre voix qui me parle.
  Je chéris l'histoire de votre expérience d'apprentissage en cuisine. Comme vous, je n'avais aucune idée de la facilité avec laquelle on pouvait brûler un garde-manger, ni de la difficulté de nettoyer la suie du grès. Je suis seulement reconnaissant que personne, encore moins vous, n'ait été blessé et je suis désolé que vous ayez été banni des cuisines pour l'éternité.
  De plus, je suis heureux que la cuisinière ait décidé de vous laisser manger à nouveau.
  Comme toujours, vous me rappelez les choses douces et bonnes, et vous me faites sourire quand je pense à vous.
  J'étais agité ce matin quand le messager est venu avec votre lettre. Celle-ci contenait toujours le parfum de vos douces mains. De plus en plus, je me retrouve à les chercher. Je cherche mon lien avec vous.
  Vos paroles me trouvent à travers les jours et surtout les longues nuits alors que je reste loin de chez moi et des conforts familiers. Je sais que nous ne nous sommes rencontrés qu'une seule fois, et pourtant j'ai l'impression de vous connaître d'une manière que je n'ai jamais connue.

  Vous me manquez, Kenna. Chaque moment de ma journée se passe à me demander comment vous allez et si quelque chose vous a fait sourire en mon absence.
  J'ai la mèche de cheveux que vous m'avez envoyée. Je la porte à l'intérieur d'un pendentif qui repose sur mon cœur pour me rappeler vos paroles douces et votre gentillesse. C'est ma possession la plus précieuse, elle et les lettres que vous envoyez.
  En vérité, je ne peux pas imaginer vivre dans un monde où vous n’en faites pas partie. Si je pouvais, je passerais volontiers le reste de ma vie avec vous à vous rendre heureux.
  Rencontrez-moi en Angleterre à mon retour, ma dame, et là je réaliserais le vœu le plus cher de mon cœur. Un baiser de vos lèvres tendres et un gage de mon cœur au vôtre.
  Jusque-là, laissez de beaux rêves être avec vous.

  A jamais votre chevalier,

  S.

 

   Kenna ferma les yeux et tint la lettre près de son cœur. Stryder l'aimait. Elle en était certaine. Aucun homme ne pourrait certainement écrire des mots aussi tendres s'il ne les pensait pas.
   Mais peut-être les avait-elle mal lus.
   Ils avaient sonné comme une proposition lors de ses trois premières douzaines de lectures, mais maintenant qu'elle avait revu Stryder, elle n'en était plus si sûre. Il avait agi comme s'il n'avait aucune idée de qui elle était, et pourtant tous les deux s’écrivaient depuis plus d'un an maintenant.
   "Kenna ?"
   Elle se retourna pour trouver Caledonia debout sur le pas de la porte.
   "Est-ce que tu vas bien ?"
   Kenna hocha la tête en repliant la lettre et la remit dans la sacoche. Les paroles de Stryder avaient été écrites pour elle seule et elle n’avait jamais voulu partager leurs précieux sentiments. "J'essaie juste de comprendre la réaction de Stryder."
   D'après les mots qu'il lui avait écrits, elle s'attendait à ce qu'il la prenne dans ses bras et crie de joie en sa présence. Au lieu de cela, il s'était excusé et s'était mis à l'abri comme si le diable lui-même l'avait poursuivi.
   Aurait-il pu lui mentir tout ce temps ?
   Mais pourquoi ferait-il cela ?
   Leurs lettres avaient été innocentes au début, juste de petites notes de l’un à l’autre sur la météo et ce qu'ils faisaient. C'était lui qui avait transformé leurs missives en affaires plus sérieuses.
   Peut-être avait-il pensé qu'elle était une autre femme. Peut-être s'était-il souvenu d'elle qu'elle était belle et élégante comme sa cousine Callie, et maintenant, l'ayant revue, il était déçu et regrettait ses écrits.
   Elle frissonna à cette pensée.
   Nay, sûrement pas. Il avait trop partagé de lui-même avec elle. Lui avait raconté la mort de sa mère, son passé brutal.
   Il lui avait dit des choses qu'elle était tout à fait certaine de n'avoir partagé avec personne d'autre.
   "Les hommes peuvent être d'étranges bêtes,» dit calmement Caledonia en fermant la porte derrière elle et en se rapprochant. "Tu n'as aucune idée de la difficulté que j’ai eue avec Sin la première fois que je l’ai rencontré. Il était irritable et dur, cherchant toujours à mettre de la distance entre nous.
   Kenna fut réconfortée par les paroles de sa cousine. "Je trouve cela difficile à croire.
   -Aye, mais c’est vrai. Je pense que tu as pris Stryder au dépourvu. Donnez-lui le temps de réfléchir clairement et je suis sûr qu'il tiendra ses promesses."
   Kenna hocha la tête, même si une partie d'elle-même voulait encore pleurer face à ses rêves brisés.
   
   
   Tout avait commencé si simplement au début. Après la mort de son frère, elle était allée en France pour répondre au dernier souhait de celui-ci : rendre l’emblème héraldique de Stryder au comte et remercier cet homme d’avoir sauvé la vie de son frère et de l’avoir ramené chez lui.
   Une fois en France, elle avait été fascinée par les prouesses au combat de l’homme sur la lice, par la force de son épée alors qu’il s’entraînait.
   Et quand Stryder avait enlevé son casque et qu'elle avait vu ses traits impeccablement ciselés, elle avait été enchantée. Aucun homme vivant ne pourrait jamais être plus beau que lui.
   Stryder était pressé en quittant la piste, prenant à peine le temps de faire plus que de lui dire un petit mot avant de se précipiter.
   Elle était tellement muette de stupeur qu’elle n’avait pas été en mesure de lui expliquer pourquoi elle était là ou de le rappeler.
   Ses mains avaient tellement tremblé qu’elle n’avait même pas réalisé qu’elle avait laissé tomber l’emblème de Stryder jusqu’à ce qu’un autre chevalier le récupère sur le sol et le remette entre ses mains froides.
   "Pardonnez sa hâte, ma dame", avait dit le chevalier. "Stryder est souvent harcelé durant ses tentatives pour quitter la lice et il essaie de regagner sa tente avant d'être assiégé.
   Elle avait regardé le visage d'un autre bel homme. Ses longs cheveux châtains foncés lui avaient beaucoup rappelé les hommes qui paraient ses Highlands. Ses yeux d'un bleu profond étaient chaleureux et amicaux.
   "Je souhaitais seulement lui rendre ça", avait-elle dit, se demandant pourquoi elle n’était pas muette avec cet homme. Elle avait toujours été maladroite avec le sexe opposé. Mais pour une raison quelconque, cet étranger, quelle que soit sa beauté, l'avait mise à l'aise.
   Le chevalier avait regardé sa main et avait froncé les sourcils devant l'insigne d'épée et de bouclier. "Où est-ce que vous avez eu ça ?
   -Il appartenait à mon frère. Il est revenu d'Outremer avec.
   Sa main chaude avait recouvert la sienne, et elle avait frissonné aux callosités de ses doigts rugueux, au son de sa voix profonde et soyeuse. 
   "Le nom de votre frère, ma dame ?
   -Edward MacRyan."
   Une lumière lointaine était venue dans ses yeux bleus, comme s'il se rappelait le passé. Il lui avait offert un petit sourire doux. 
   "Tu es Kenna."
   Une sensation de chaleur avait parcouru sa colonne vertébrale à la façon dont il avait prononcé son nom.
   "Vous me connaissez ?
   -Oui, ma dame, votre frère a souvent parlé de vous.
   -Vous étiez avec eux à Outremer ?
   Son sourire s'était estompé alors qu'il acquiesçait. Ses yeux avaient trahi la même douleur que celle de son frère à chaque fois qu’il se rappelait les années qu’il avait passées emprisonnées par les Sarrasins.

  C'est alors qu'elle comprit qui était cet homme. Edward avait parlé du bras droit de Stryder. Le seul homme qui était resté dans l'ombre alors que Stryder était devenu célèbre et renommé. Il faisait partie de ces hommes qui n'avaient jamais permis aux autres de connaître son nom, mais qui les avaient tout de même réconfortés et protégés.
 "Vous êtes le Spectre."
   Il avait semblé instantanément mal à l'aise à ses mots. "Comment connaissez-vous ce nom ?
   -Mon frère n’a jamais parlé à personne d’autre que moi de votre Confrérie", s’était-elle empressée de l’assurer. "Nous n’avons jamais gardé de secrets, lui et moi. Et je n’ai jamais parlé de ses histoires à une autre âme vivante. Je vous promets. Il voulait seulement que je vous connaisse avant sa mort, pour que je puisse tenir son serment.
   L'étranger avait grimacé à cette nouvelle comme si quelqu'un l'avait frappé. Cela l'avait rendue encore plus tendre envers lui, sachant que lui aussi partageait son chagrin à la perte d'un homme si noble.
   "Edward est mort ? Comment ?
   -De maladie. Il a attrapé une vérole au printemps dernier.
   -Je suis désolé pour votre perte, ma dame. Edward était un homme bien." Il avait refermé sa main sur le blason et s’était éloigné d'elle. "Je vais rendre ceci à Stryder et lui annoncer la nouvelle.
   -Attendez."
   Il avait fait une pause et la regardait.
   "Je ne connais pas votre nom."
   Toute émotion avait disparu de son visage, et juste devant ses yeux il était devenu l’homme de légende. "Je suis le Spectre, ma dame. Je n'ai pas de vrai nom. Pas ici.
  -Pouvez-vous au moins me mener suffisamment près de Lord Stryder pour le remercier d'avoir protégé mon frère pendant que vous étiez emprisonné ?
   Il détourna les yeux. "Stryder n'aime pas les remerciements personnels.
   -Puis-je au moins lui écrire alors ?
   Le Spectre avait acquiescé. "Aye. Je veillerais à ce qu'il le reçoive.
   

   Il l’avait quittée si vite qu’elle n’avait même pas eu la chance de remercier le mystérieux chevalier.
  Mais c'est pour cela qu’ils l'avaient appelé le Spectre. Son frère lui avait raconté de nombreuses histoires sur la Confrérie de l'Épée - les hommes qui s'étaient regroupés pour échapper à la prison sarrasine où tous avaient été détenus.
   Lord Stryder avait été appelé le Faiseur de Veuves en raison de la force de son bras et sa volonté à tuer quiconque menaçait ceux qui tombaient sous sa protection.
   Le Spectre avait été le seul à rassembler des informations pour eux et à interférer avec les gardes. Il avait été puni d'innombrables fois pour que leurs ravisseurs soient distraits pendant que les autres creusaient le tunnel pour qu’ils s’échappent.
   Même maintenant, après avoir passé un an de sa vie à écrire des lettres à Stryder, Kenna ne connaissait pas le nom de ce mystérieux chevalier. Elle ne l’avait demandé qu’une seule fois à Stryder, et sa réponse avait été très brève et étrange.
  Il n'a aucune importance, ma dame. Seul une ombre, un fantôme qu'il vaut mieux laisser aux souvenirs du passé. Ne parlons pas de lui.
  Elle ne l'avait jamais remis en question. Ses pensées avaient été rapidement envahies par le fantasme du chevalier intrépide qui lui écrivait. De l'homme qui lui parlait tant de son cœur qu'elle avait été impuissante face à l'amour qui la submergeait.
   Peut-être que Caledonia avait raison.
  Stryder avait tellement partagé avec elle que son apparence l'avait peut-être choqué. Peut-être était-il gêné maintenant par sa franchise et avait juste besoin d'un bref moment pour s'adapter à sa présence physique.
  Oui, c'était ça.
  Il avait juste besoin d'un peu de temps pour accepter les confidences qu'ils avaient partagées.

 

 


Texte original © Kinley MacGregor - 2003
Traduction © Dark-Hunter Francophone