Sherrilyn Kenyon, une auteure populaire d'urban fantasy, se mord les ongles lorsqu'elle parle évoque avoir grandi dans la pauvreté et être devenue une mère sans-abri. Vendredi 15 juin 2018, à Franklin, Tennessee.
©Larry McCormack / Le Tennessean.

 Hurlant aux larmes, la petite fille supplia son père de s'arrêter.
 "Papa, papa, ne brûle pas mes poupées Barbie !" Hurla la fillette quand son père saisit sa maison de poupée pour l'amener dehors et y mettre le feu.
Son père n'a pas fléchi.
 Fâché que sa fille n'ait pas nettoyé sa chambre, il attrapa ses jouets, jeta toutes ses poupées dans sa maison de poupée et les emporta dehors pour lui donner une leçon.
   "Il les a toutes brûlées", dit doucement Sherrilyn Kenyon, secouant la tête plus de 45 ans plus tard.

   Kenyon, auteur à succès de sa série Dark-Hunter, imprimée à des millions d'exemplaire, est toujours traumatisée par les horreurs de son enfance et de son itinérance durant ses premières années de mariage.

   Abus physique et verbal. Abandon. Pauvreté. Tromperie.
  Elle a grandi en pensant que ses grands-parents violents la tueraient probablement, espérant et priant qu'elle atteigne 18 ans pour pouvoir échapper une fois pour toutes à ses agresseurs. "Je pensais : "Je ne vais probablement pas survivre, mais je vais essayer", dit-elle.

   Alors Kenyon a commencé à lire et à écrire de la fiction comme une évasion - et comme un moyen de créer les héros qu'elle cherchait désespérément pour elle-même.

 

'Je ne peux qu'imaginer': Disait Bart Millard le chanteur du groupe MercyMe qui a trouvé la paix avec son père abusif. (chanson 'I Can Only Imagine' 2001).

   Kenyon a grandi en Géorgie, quatrième des cinq enfants d'un sergent de l'armée américaine et d'une mère qui se battaient constamment l'un avec l'autre.
Sa sœur aînée Trish a grandi avec une paralysie cérébrale et d'autres conditions qui déclenchaient des crises bruyantes et régulières.

La famille a finalement accueilli les sept enfants d'un oncle, 14 personnes se sont donc retrouvées à vivre dans une maison de 240 m² avec une salle de bain.
  
"J'ai détesté certaines parties de mon enfance", dit Kenyon, 52 ans. "Nous avions beaucoup de monde dans la maison et c'était très bruyant, mais solitaire."

L'auteur Sherrilyn Kenyon petite fille avec ses parents, Harold et Malene "Mae" Woodward à l'extérieur de la maison familiale en Géorgie. Ses parents ont divorcé quand Kenyon avait 8 ans après des années de disputes et de combats, a déclaré Kenyon.
©Larry McCormack / The Tennessean

  Ses parents ont souvent frappé et jeté de la nourriture aux uns et aux autres, tout en hurlant.
  "Je vais te dépouiller vivant  à la minute où tu t'endormira !" Cria une fois sa mère à son père.

   Kenyon se souvient de sa mère - avec tous les enfants dans la voiture - essayant de renverser son père.
   La police est venue si souvent que Kenyon se souvient de son amitié avec "l'agent Mike", qui l'a sortit de la maison et lui a donné une sucette.

   Même après que ses parents se soient séparés lorsqu’elle avait 8 ans, le chaos a continué.
   Kenyon dit que ses grands-parents maternels la battaient souvent, la coupant à plusieurs reprises avec des morceaux de Hot Wheel et que Kenyon saignait à travers ses jeans.

   Les amis allaient rarement à la maison de Kenyon, étant toujours reçus de manière froide s'ils le faisaient.

   "Je me souviens d'avoir été terrifiée à l'idée de rouler dans l'allée", a déclaré Sheri Jacobs, une amie d'enfance. "Vous voyiez la grand-mère ou la mère debout juste là, vous défiant de vous rapprocher."

   Kenyon s'endormait souvent en écoutant Black Sabbath et Ozzy Osbourne à fond dans ses écouteurs pour essayer de bloquer le martèlement à sa porte, les cris et les fracas dans tous les coins de la maison. 

    Et elle a commencé à écrire, à écrire et à écrire. Cela l'a aidé à traiter la violence et les mots de colère tout autour d'elle.

   "C'est pourquoi mes livres contiennent beaucoup d'endroits sombres. Je trouve cela thérapeutique", dit-elle. "Lorsque vous êtes enfant, vous pouvez tuer les dragons. C'était ce qui m'a donné le contrôle."


Test

Au milieu des années 1980, Sherrilyn Kenyon, 21 ans, écrit dans son dortoir à Reed Hall à l'Université de Géorgie.
Photo fournie par l'auteure au journal The Tennessian.

  
Kenyon devint aide-bibliothécaire pendant l'année scolaire et passa des heures à la bibliothèque communautaire durant l'été, en lisant souvent deux ou trois livres par jour. Science fiction, fantastique, mythologie, tout ce qui est médiéval, "le plus ancien, le meilleur".
 
  La première création littéraire de Kenyon : une histoire en bande dessinée de vampire. Ensuite, elle a écrit à propos d’extraterrestres prenant le contrôle de la salle de sport de son école.

  Les enseignants l'ont encouragée, et Kenyon a fini par atterrir dans le journal et l'annuaire de l'école au North Clayton High School.
 
Elle a occupé des douzaines d'emplois pour payer ses études - DJ, assistante résidente dans les dortoirs, commis aux pharmacies, tutrice, vidéaste, baby-sitter.
Kenyon ne pouvait pas se permettre des repas à l'université, alors des amis lui faisaient passer des pommes et d'autres collations à la cafétéria.
 

Sherrilyn et Lawrence «Ken» Kenyon peu après avoir ramené leur nouveau-né à la maison en 1995. Le bébé est né prématurément et a passé du temps dans une unité de soins intensifs néonataux à l'hôpital. 
Photo fournie par Sherrilyn Kenyon au journal The Tennessian.

 
  
   Elle s'est mariée en 1990 dans une pâture avec un autre étudiant qu'elle avait rencontré en cours de sociologie.

   L'argent continuait à être juste, même si Kenyon avait publié des articles dans des magazines et même obtenu un petit prix pour publier quelques livres. 

   Son mari a décidé d'aller à l'école de droit, à Jackson, Mississippi.
   Et peu de temps après avoir obtenu son diplôme - après avoir eu un bébé - leurs finances se sont effondrées.
   Ils ont perdu leur maison. Enceinte d'un deuxième enfant, Kenyon, son mari et le bébé ont vécu dans leur Ford Mustang pendant quelques mois.

   Pendant la journée, son mari prenait la voiture pour aller travailler, pendant que Kenyon et son bébé traînaient aux urgences de l'hôpital local, dans un parc ou une bibliothèque.
   Elle a souvent baigné le bébé dans un lavabo.

   La famille a finalement trouvé un appartement délabré, et Kenyon a relancé son contrat de livre par la suite, à la fin des années 1990.

   Elle a continué à se mettre en colère à propos de son enfance et de ses premières années de mariage à travers ses livres Dark-Hunter ainsi que d'autres. "L'écriture était mon déversoir pour tout ça. Ma colère est sortie sur la page. Vous devez la laisser sortir", dit-elle. "Vous devez avoir une soupape de pression quelque part."

   Mais ce n'était pas suffisant.

                        

Ci-dessus, Sherrilyn Kenyon, auteure d'urban fantasy, aime écrire sur son porche couvert à la maison.
   Vendredi 15 juin 2018, à Franklin, Tennessee.
   ©Larry McCormack / The Tennessean

  
   Elle vit maintenant avec ses enfants dans un beau lotissement à Franklin, au Tennessee, mais elle est toujours hantée par son passé.

   Son ami Jacobs, qui travaille pour l'auteur, la désigne comme étant "sur ses gardes". "Elle ne prend jamais un moment de repos ou de paix", déclare Jacobs.

   Kenyon, au milieu d'un divorce, a dit qu'elle se retrouve souvent à regarder par-dessus son épaule, attendant qu’une autre tuile tombe.
   "Je ne sais plus si je crois en une fin heureuse", dit-elle. "J'aime dire à mes enfants que c'est toujours le cas, mais la mienne a été volée, donc je ne pense pas."


C-dessous : Sherrilyn Kenyon tient une photo d'elle-même avec ses parents quand elle était une petite fille. Le portrait en arrière-plan est celui de Pocahontas, une ancêtre.
Vendredi 15 juin 2018, à Franklin, Tennessee
   ©Larry McCormack / The Tennessean

  


Auteur : Brad Schmitt -  Nashville Tennessean
Photos : ©Sherrilyn Kenyon et ©Larry McCormack
Publication originale le 5 juillet 2018

Source originale:  Tennessean

Pour la présente traduction : Hylonomé - ©Dark-Hunter Francophone

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