----- Présentation de la série "Sea Wolves"


AVERTISSEMENT :
L’extrait suivant comme l’ensemble de ceux présents sur ce site internet, a été traduit par l’équipe de Dark-Hunter Francophone d’après le strict respect du texte original. 
Toutefois nous ne sommes pas traductrices professionnelles, le sens d'une phrase peut nous avoir échapper. Si vous trouvez une faute ou une phrase mal construite, n'hésitez pas à nous le signaler par e-mail.


Sea Wolves #2 - A Pirate of her Own


 

[...]
   Mais c’était Serenity qui attirait l'essentiel de son attention. Son poignet formait une courbe délicate alors qu’elle saisissait doucement la viande et ouvrait la bouche.
   Des dents blanches et parfaites étincelèrent un instant avant que ses lèvres ne se rejoignent pour couvrir la fourchette, et elle la retira lentement. Le bout de sa langue sortit un bref instant alors qu'elle léchait un petit morceau de sauce froide sur sa lèvre supérieure.
   Jamais auparavant Morgan n'avait remarqué à quel point le processus de manger pouvait être excitant. Mais avec chaque mouvement gracieux de son corps, et avec chaque éclat de dents sur sa lèvre, il se sentait comme s'il était torturé.
   "Je suis désolé que ce ne soit pas plus acceptable", dit-il, sa voix tendue.
   "Oh non, c'est bon. Tiens, c'est beaucoup mieux que ce que Honor a fait après que notre première cuisinière nous ait quittés. Elle avait fait des boulettes de porc-épic, et tout ce que j'ai à dire, c'est que le porc-épic était sans aucun doute bon. Je pense que j'ai encore un ... "Elle leva les yeux vers lui et croisa son regard. "Il y a un problème ?"
   Si tu lèches tes lèvres encore une fois, je te jure ...
   "Non," dit-il d'un ton bourru. "Rien de mal.
   -Êtes-vous sûr, capitaine ? Vous avez l'air de ...
   -J’ai dit qu’il n’y avait rien", cria-t-il avec plus de malice qu'il ne l'avait prévu.
   Son visage se décomposa et il se sentit instantanément comme un voyou.
   -Pardonnez ma brusquerie. Ce fut juste une longue journée, » donna t’il comme excuse de fortune.
   Cela sembla la consoler. 
   -Vous savez, je pensais ce matin que ce n'est pas correct pour moi de prendre possession de votre chambre. Je sais comment sont les hommes quand il s'agit de leur territoire et ...
   Il l'interrompit avec un petit rire.
   -Les hommes et leur quoi ? Elle haussa les épaules.
   -Territoire. Mon frère et mon père deviennent complètement fous chaque fois que quelqu'un s'immisce dans leurs sanctuaires privés. Je suis sûr que vous voyez cette pièce comme telle, et je ne voudrais pas vous déranger.
   Mal à l'aise avec son choix de mots, Morgan se tortilla sur son siège. Eh bien, dérangeant pourrait définitivement décrire ce morceau de son anatomie qui était actuellement droit comme un piquet, et défiant l'enfer de la gravité.
   "Et où proposez-vous que je vous mette ?" Demanda-t-il.
   "Je pensais que nous pourrions placer un hamac vers la fenêtre peut-être.
   -Avez-vous déjà dormi dans un hamac, Mlle James ?
   -Eh bien non, mais je suis sûr que ce n'est pas si dur.
   C'est plus dur que jamais auparavant, pensa-t-il en se déplaçant de nouveau sur son siège.
   -Un hamac n'est pas un endroit pour une femme.
   Serenity se raidit à ses mots.
   -Et pourquoi cela ? Pourquoi un hamac est-il bien pour un homme et non pour une femme ?
   A son visage, elle pouvait dire qu'il ne voulait pas s'expliquer.
   Elle évalua la réponse qu’il lui donna au même niveau que celle de son père qui était : parce que je l'ai dit, et aussi longtemps que tu vivras sous mon toit .... 
   "Ce n'est pas approprié."
   Elle posa sa fourchette et le regarda avec toute la malice qu'elle ressentait.
   "Qui l’a dit ?
   -Tout le monde.
   -Tout le monde ?" Répéta-t-elle, les yeux grands ouverts. "Je ne l’ai certainement pas dit, et je crois que je compte comme quelqu'un.
   Il avait ce regard exaspérant sur son visage du Pourquoi-ne-veux-tu-pas-comprendre, regard que son père avait toujours eu lorsqu’elle le confrontait avec ses notions ridicules.
   -Où trouvez-vous ces idées ?" Demanda-t-il après plusieurs secondes de silence.
   -Mes idées sont les miennes, capitaine Drake.
   Il renifla de dédain.  
   -Eh bien, c'est réconfortant. Je détesterais penser que ce soit de nouvelles idées que vous auriez entendu chez les femmes.
   Insultée, Serenity lui lança un regard furieux.
   -Je ne suis pas la seule femme à avoir de telles opinions. Connais-tu les écrits de Mary Astell ?
   -Jamais entendu parler d'elle.
   -Et Lady Mary Wortley Montague ?
   C'était un nom que Morgan connaissait... tout le monde dans n'importe quelle société polie était horrifié par ses exploits. 
   -Et bien quoi ?
   Son visage s’illumina.
   -Alors vous connaissez son point de vue sur les femmes. Nous ne sommes pas des écervelées, d’idiotes oies qui n'ont pas d'autre but que…
   -D’idiotes quoi ?
   -Des oies," répéta-t-elle. "Les femmes ont de la valeur dans ce monde, capitaine Drake. Nous pouvons nous tenir nous-mêmes ! 
   -Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, Mlle James, c'est un monde d'homme. Les femmes ont besoin de s'en protéger.
   Serenity se leva et étrécit son regard sur lui.
   -Je vais vous dire ce dont nous avons besoin c’est de se protéger des hommes qui pensent que la seule valeur d'une femme est d'être une jolie petite décoration à son bras ou une conquête de plus comme trophée".Fidèle à sa tirade, elle mit ses mains sur ses hanches. "Le jour viendra, capitaine Drake, où la femme prendra sa place dans la société. Et je vous assure que cet endroit n'est pas le salon.

   Son rire retentit et il l’applaudit. 
   "Bravo, Mlle James. Dites-moi depuis combien de temps avez-vous affiné ce discours ?
   Elle vit rouge. Tout en l'ignorant, il continua à s’enfoncer encore plus profondément. 
   -Et qui vous a mis de telles idées dans ta tête ?
   -Êtes-vous en train de dire que je ne peux pas avoir mes propres pensées ?
   Au moins, il avait la décence de paraître un peu penaud.
   -Ce n'est pas ce que je voulais dire. Mais voyons les faits, ce ne sont pas des idées normales. Vous n'en êtes pas venu a une telle mutinerie par vous-même.
   -Mutinerie ?
   -Oui, mutinerie. Vous vous tenez devant moi, les mains sur les hanches et vous défiez chaque profonde conviction. Si les femmes étaient censées être les égales des hommes, alors pourquoi depuis le jour où Dieu a donné Eve à Adam, l'homme a-t-il gouverné la femme ?
   Elle s'approcha de lui, ses mains la démangeaient à l’idée d’étrangler cet esprit masculin.
   -Ai-je besoin de vous rappeler, capitaine, que Dieu n'a pas fait sortir Eve du pied d'Adam pour qu'il puisse lui marcher dessus ? Elle a été créée avec sa côte pour être son égal.
   Il croisa ses bras sur sa poitrine et la regarda.
   -Alors, pourquoi les femmes sont elles par nature, selon le propre dessein de Dieu, le sexe faible ? Les femmes s'évanouissent à la moindre peur.
   Oh, comme elle voulait frapper cet air béat sur son visage ! Il était si fier de cet argument… eh bien, elle en avait encore un meilleur.
   -La plus légère peur, capitaine ? Je vous assure, monsieur, que j'ai vu des femmes souffrir pendant des jours pour amener un enfant dans ce monde. Et je n'ai pas encore vu une femme s'évanouir pendant le travail. Je vous en supplie, montrez-moi un homme qui voudrait supporter autant de souffrances pendant autant d'heures, et ne pas pleurer en appelant leur mère. En fait, vous voulez savoir pourquoi les femmes ont une plus grande tolérance à la douleur, capitaine Drake ? Je vais vous dire pourquoi, c'est pour que les femmes puissent supporter les hommes !
   Il rit.
   Par le ciel, l'audace de l'homme ne connaissait aucune limite. Il rejetait la tête en arrière et se riait d'elle!
   -Je ne vois pas ce qui est drôle, capitaine.
   -Non," dit-il en cessant de rire… exception de coin de ses lèvres qui continuaient à esquisser un sourire. "Je ne pense pas que vous le puissiez.
   Morgan essaya de forcer le sourire sur son visage, mais elle se tenait si fière et féroce devant lui qu'il ne pouvait tout simplement pas. Elle était d’un rare régal. Il n'avait jamais rencontré une femme qui aurait pu exprimer ses idées de manière si éloquente ou si amusante. En vérité, il avait connu quelques hommes qui faisaient exactement ce qu'elle disait, des marins qui avaient été blessés et avaient pleurés en appelant leurs mères. "Vous avez fait une argumentation très convaincante, Mlle James, mais ça ne change rien.
   Serenity croisa ses bras sur sa poitrine en imitant parfaitement sa pose, et se détourna de lui.
   Les Hommes ! Ne voudraient-ils jamais dépasser leurs propres vues étroites du monde ? Soudain, Morgan était à côté d'elle. Il lui releva le menton avec la jointure de ses doigts jusqu'à ce qu'elle n'ait pas d'autre choix que de rencontrer ses yeux. Le feu et le désir brûlaient dans leurs sombres profondeurs. Morgan frotta le bout de son pouce contre le dessous son menton. Sa peau était si douce, si chaude. Elle avait une force de courage qui rivaliserait avec n'importe quel homme. Il devait être difficile pour elle d'affronter le rire des gens et ne pas céder. Il admirait ça en elle. Et il jura qu'il ne rirait plus jamais d'elle… même si elle lui disait qu'un jour une femme serait Premier ministre d'Angleterre.
   -Je ne veux pas me battre avec toi, Serenity," murmura-t-il.
   -Alors qu'est-ce que vous voulez ?
   Te faire l'amour.
   Morgan serra les dents, sachant qu'il ne pourrait jamais lui dire ça. Au lieu de ça, il passa à un sujet plus sûr. Celui dont il avait besoin de parler avant qu'elle ne découvre vraiment la vérité sur ce qu'il avait une fois été.
   -Je veux que vous oubliez l'article que vous écrivez. Laissez mon équipage seul sans assister à leurs tâches.
   La colère apparue dans ses yeux, leur donnant une nuance vibrante de bleu.
   -Pourquoi ?
   -Parce que tout le monde sur ce navire a un devoir, le mien est de le faire fonctionner, Barney celui de garder la paix, et le vôtre est de rester à l'écart de notre chemin.
   Elle écarta sa main de son visage.
   -Je ne savais pas que j'étais sur le chemin de quelqu’un.
   Il ferma les yeux et prit une profonde inspiration.
   -Ce n'est pas un jeu, Serenity. Vous devez…
   -Exactement.
   Si les regards pouvaient tuer, Morgan jugea qu'il serait maintenant passé à travers le mur du fond.
   -Très bien," dit-elle, sa voix glacée. Elle de déplaça vers l’endroit où son linge était en train de sécher. Elle attrapa son manteau encore dégoulinant et lui jeta sur les épaules. "Puisque mon travail est de rester assise ici et de rester à l'écart et que le vôtre est de diriger le bateau, je vous suggère de sortir !
   -Mais je…
   -Mais rien, capitaine. Dieu vous défend de quitter la barre pendant plus d'une minute. Tout peut arriver. Dieu pourrait lancer un éclair et mettre le feu au navire. Un monstre marin pourrait surgir des profondeurs de l'océan et nous engloutir tout entier. Ou, oserais-je le dire ? Le poids de tous ces ego masculins pourrait être si grand qu'il percerait un trou au centre du pont et nous coulerons !
   Et avant qu'il puisse protester, il se retrouva debout dans le couloir, la porte se ferma fermement derrière lui.
   Maintenant comment pouvait-elle continué à lui faire ça ?
   Juste alors qu’il se tournait pour la confronter, la porte s'ouvrit. Serenity lui mit son assiette dans ses mains.
   -Et quoi que vous fassiez, n'oubliez pas ce plat, on dirait de la chaussure en cuir.
   Une fois de plus, elle lui claqua la porte au visage.
   -Serenity !" Hurla-t-il, frappant contre la porte de son poing fermé. "Ouvrez cette porte !
   -Allez au diable, capitaine Drake.
   De manière insensé, et au-delà de la raison, il gronda.
   -Ce n'est pas très féminin !"
   La porte s'ouvrit et elle s'approcha de lui, ses narines dilatées, ses yeux semblant s’embraser.
   "Alors écoutez celui-ci. Allez en enfer, et ... allez y pourrir !
   Et avant qu'il puisse bouger, il se retrouva de nouveau face à une porte close.
   -Serenity !
   -Oh, pardonnez-moi, Capitaine," elle traînait la voix avec langueur, du ton le plus impuissant qu'il ait jamais entendue. "Mais je ne peux pas ouvrir cette énorme et vieille porte par moi-même. Je pourrais vraiment me casser un ongle. Si seulement il y avait matelot fort qui pourrait me sauver de ma détresse…
   Même à travers la porte il entendit son soupir triste et mélodramatique.
   Il décida alors que c'était une bonne chose qu'elle n'ouvre pas la porte. Car à ce moment-là, debout dans le couloir avec son manteau dégoulinant sur ses vêtements, son assiette à la main et son ego masculin offensé, il l'aurait probablement étranglée.
   Mais tôt ou tard, elle devrait sortir et quand elle le ferait…

 


Texte original © Sherrilyn Kenyon - 2000
Traduction © Dark-Hunter Francophone 

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