----- Présentation de la série "Nevermore"


AVERTISSEMENT :
L’extrait suivant comme l’ensemble de ceux présents sur ce site internet, a été traduit par l’équipe de Dark-Hunter Francophone d’après le strict respect du texte original. 
Toutefois nous ne sommes pas traductrices professionnelles, le sens d'une phrase peut nous avoir échapper. Si vous trouvez une faute ou une phrase mal construite, n'hésitez pas à nous le signaler par e-mail.


Nevermore #1 - Insurrection


Chapitre 2

# Ils sont parmi nous
   Daria Stazen frissonna devant les annonces électroniques diffusées autour de leur école. Les images clignotèrent sur les murs et les casiers, montrant toutes les formes, les tailles et les déguisements que ces créatures pouvaient prendre, et montrant comment elles pourraient facilement se fondre dans la masse sans que personne ne le sache.
   C’était effrayant de penser que l'un de ses camarades de classe pouvait être l'un d'entre eux qui se cachaient. 
   Un être humain.

   Elle frémit de répugnance et de peur. Puis, regarda avec suspicion tous ceux qui se trouvaient dans son couloir. Comment pourrait-elle le savoir ? Est-ce que ce serait la fille étrange à sa droite dont la peau grise était plus sombre que les autres ? Ou le garçon à sa gauche dont la peau était un peu plus bleu ? Ou le professeur dont les lèvres étaient plus noires que les autres ? Est-ce que c’était de la cosmétique, ou de la génétique? Qu'en était-il du gardien dont les yeux noirs avaient des pupilles qui ne semblaient pas se dilater correctement ? Il disait que cela provenait d'un accident dans sa jeunesse.
   Mais si ce n'était pas le cas ?
   Et s'il était un humain utilisant une sorte de magie ou de drogue pour masquer ses traits réels ?
   Les documentaires les avaient tous prévenu que les humains étaient extrêmement rusés.
   Très dangereux.
   "Est-ce que tu vas bien ?
   Elle cria presque alors que Tamira s'approchait d’elle pour lui parler à l'oreille.
   -Ne fais pas ça !
   -Faire quoi ?" Demanda-t-elle innocemment.
   "Te faufiler près de moi alors que je m’effraie toute seule avec des pensées vraiment effrayantes à propos des humains qui seraient là !
   Daria agita sa main devant son unité pour l'ouvrir automatiquement et retirer son pull et son équipement pour la gym. Comme elle, Tamira était légèrement plus grande que la moyenne et plutôt musclée, avec une peau grise pâle et des yeux et des cheveux noir d’ébène. Elles étaient toutes les deux issues de familles de castes guerrières, mais le père de Daria avait reçu une dispense spéciale pour aller à l'université après avoir exceptionnellement inscrit ses tests d'entrée dans le cycle supérieur de primaire.
   Maintenant, il était l'un de leurs meilleurs scientifiques, comme sa mère. Daria espérait suivre leurs traces. Si elle pouvait cesser d'être tout le temps en retard dans ses cours...
   Elle ferma son unité et fit une pause en attrapant Tamira et en regardant elle aussi les images. Ils étaient fascinants. Comme tous bons cauchemars avaient tendance à l'être.
   Tamira désigna du menton l'humain que les images montrait se transformant lui-même en l'image infaillible d’un Materian, jusqu'à la double marque de naissance dont Daria avait elle-même eu la chance d'hériter en parfaite symétrie au coin de sa bouche. C'était une chose pour laquelle ses amis l'enviaient.
   "Tu crois que nous ne verrons jamais un véritable humain ?"
   Daria serra son sac de marque que son père lui avait ramené de son monde natal lors de son dernier voyage.
   "J'espère que non."
   Tamira haussa ses sourcils.
   "Pourquoi ? Tu n’ai pas curieuse à leur sujet ?
   Pas même un peu.
   -Ils sont infestés de maladie, d'une part.
   Elle rit.
   -Oh s'il te plait ! Comment peux-tu dire ça ? Nous sommes ceux qui l'ont apporté. D'ailleurs, c'était un simple rhume.
   -Exactement ! Ils étaient une espèce si faible, qu'un léger rhume les a tués. Comment admirer une race qui ne peut même pas survivre à un simple coup de froid ?
   Tamira se moqua.
   -Tu es si cynique. Pas étonnant qu'ils te choisissent pour le comité Invarium."
   Soulevant son menton avec fierté, Daria tapota son badge qui l’a proclamait comme présidente du HELL - Human Extermination Licensing Leaders. C’était maintenant officiellement son travail d’aider à enquêter et à trouver des humains susceptibles d'infiltrer leur école ou leur communauté de jeunes.
   "Oui, et bien les humains sont une menace que nous devons éradiquer.
   -Pourquoi ? Tu viens de dire qu'ils étaient si faibles que s’en était ridicule.
   Daria grogna de frustration devant la mesquinerie de son amie. Parfois elle était certaine que Tamira contesterait un message en signe.
   -Cela ne signifie pas qu'ils ne pourraient pas le transformer en quelque chose de pire. Comme la grippe aviaire et nous contaminer avec !"
   C'était, après tout, ainsi que leur peuple avait déclenché une guerre civile quand ils avaient débarqué sur cette planète il y a cent ans. 
   Heurk ! Comment un Materien avait-il pu vouloir sauver un seul humain pour une raison quelconque ? Peu importe qu'ils aient tué les leurs pour défendre l'une de ces choses dégoûtantes ?
Ce qu'elle ne comprendrait jamais.

   Les rongeurs et les humains. Même chose. Les parasites pouvaient endommager les organismes supérieurs.
   Biologie de base.
   Pourquoi chaque Materian n'avait jamais pensé qu'un seul humain valait la peine d'être sauvé, elle ne pouvait pas l'imaginer. Tout ce qu'elle avait lu disait qu'ils étaient une bande de barbares qui avait été au bord de la guerre l'un avec l'autre en permanence et de toutes les époques. Aucune culture. Pas de technologie supérieure. Ils n'avaient jamais fait quelque chose de particulièrement remarquable pour eux.
   L'extinction massive avait été un véritable acte de bonté pour eux.
   Ce n’était pas important. Ils étaient partis et les Matens étaient là maintenant. C'était leur planète et cela le resterait. C'était la leur depuis que la dernière des grandes villes humaines avaient succombé à la dernière vague de fléaux, et les Matens avaient brûlé le dernier corps humain, délivrant la planète de ses faibles restes de maladies.
   Tout ce qui restait maintenant était des morceaux que seuls les Matens les plus audacieux recueillaient comme des curiosités.
   "Hey Day !"
   Elle fit une pause en entendant la voix profonde de Frayne. Son cœur s’accéléra.
   Les yeux de Tamira s'obscurcirent avec jalousie durant un instant avant de se ressaisir.
   Comme le firent la plupart des filles dans le couloir. Mais Daria était habituée à ça. Frayne était l'un meilleurs partis de leur ville. Fils de leur régent territorial, il se tiendrait un jour sur le siège d’un pouvoir politique qui rivaliserait ou surpasserait celui de sa mère. Et parce qu'elle était une troisième cousine de leur famille dirigeante, il avait des vues sur elle.
   Daria aimait prétendre qu'il avait aussi d'autres intérêts chez elle, mais elle n'était pas complètement stupide. Si elle était quelqu'un d'autre, il pourrait encore lui parler et la sortir de temps à autre.
   Mais…
   Il appuya sa joue contre la sienne et prit son sac.
   "Tu n’as pas reçu mon message ?
   -Quel message ?
   -Tssss, ma maja a été appelée hors de la ville ce soir." Il releva ses sourcils bruns. "Tu veux venir à la maison et étudier ta biologie ? Intime et personnel ?"
   Elle souffla en entendant ses insinuations peu subtiles. "Sympa. Je suis surprise que tu ne l'ais pas annoncé via l'interphone.
   -C’est ce que tu veux ? D’accord !
   -Non, merci. Je n'ai pas le moindre endroit pour cacher ton corps et la prison ne rendrait pas bien sur mes demandes d’inscriptions universitaires.
   Il rit.
   -Mais cela te donnerait une place dans l'armée.
   -Peut-être." Daria se calma en regardant son épaule et saisit l'expression étrange sur le visage de Xared alors qu'il regardait son badge. "Quelque chose ne va pas ?"
   Une tête plus grand que Frayne et encore plus marqué et plus beau, il y avait un certain nombre de Matens qui spéculaient sur le fait que Xared était l'athlète le plus accompli, mais à cause du statut social de Frayne, Xared était exclu des matches et permettait à Frayne de prendre les meilleurs éléments pour gagner. Certains affirmaient qu'il faisait pareille pour les tests, s'assurant qu'il soit toujours en deuxième place après Frayne, pour toute chose.
   Elle n'était pas si sûre de ce point, mais en ce moment il y avait quelque chose d'étrange. Elle pouvait le sentir profondément dans ses os. Et puisqu'elle connaissait Xared depuis sa naissance, ils étaient plus proches d’une famille que des amis. En fait, il était de tous ceux qu’elle avait connu aussi proche qu'un frère ou une sœur.
   "Je n'avais pas entendu parler de ta promotion. Savan."
   Pourtant, la profondeur de sa voix ne correspondait pas à ces mots.
   Pas du tout.
   Quelque chose le dérangeait et elle ne voulait pas être la cause de ses conflits.
   "Zhaza. Je crois. Bien, je ressens comme un froid. 
   Il cligna des yeux et lui fit un demi sourire.
   -Pardon. J'espérais que je l'obtiendrais. Enfin, j'ai entendu dire que je l’aurais, alors j'ai été un peu choqué de te voir avec le badge."
   Oh, cela expliquait tout. Et la faisait se sentir comme si on l’avait privé de quelque chose. Contrairement à Frayne, elle ne sautait pas de joie quand elle brisait les rêves des autres.
   "Je n'en avais aucune idée, Xed ! Je suis vraiment désolé. Si tu veux, je vais le refuser pour toi et tu pourras prendre ma place.
   Il leva la main.
   -C'est bien. Vraiment. Ils te voulait visiblement pour ça, et je suis heureux que tu l’ais. Ça m'a juste choqué, mais c’est oublié maintenant. "La chaleur revint dans ses yeux. "Je ne pouvais pas imaginer mieux, Materian. Paix à ma sœur."
   Il serra sa main sur son cœur en un signe de parenté éternelle.
   Elle imita le geste.
   "Paix pour mon frère. Toujours. Tu sais que je t'aime.
   -Je t'aime aussi." Il frappa Frayne sur son bras. "Je retourne en classe.  Sans m'presser !
   -Sans te presser !" Dirent-ils en se séparant.
  
   Au fur et à mesure de leur chemin, Frayne lui tendit un petit charme d'argent. Le cadeau inattendu l'enchantait. Cependant, il y avait un petit problème.
   "Zhaza ! Mais… qu'est-ce que c'est ?
   -Je l'ai trouvé dans la salle de bain. C'est un symbole humain.
   Son estomac se serra.
   -Quoi ?!
   Hochant la tête, il leva son menton dans la direction où Xed était parti.
   -Xed l'a laissé tomber de son sac. J’ai dû chercher pour savoir ce que c'était.
   -Et c'est quoi ?
   -Un Anke ou quelque chose comme ça. Les humains l'utilisent pour s'identifier et sympathiser à leur cause. Tout comme ils citaient ce genre de phrases bizarres des livres que nous avons brûlés. Tu sais Le corbeau dit : "Jamais plus"* ou L'enfer n'a de pire fureur qui égale celle d'une femme dédaignée.* 
   Tout à coup, elle ressentit de la nausée et de la peur.
   -Qu’est ce que l’ont dit ?
   -Que soit Xed est un être humain déguisé, soit il est en lien avec leur cause. Quoi qu'il en soit, tu dois le signaler. C'est ton travail maintenant.
   Elle secoua la tête avec horreur. Cela ne pouvait pas arriver. Pas avec Xed. Il ne pouvait pas s'être lier avec les humains.
   -Il est comme un frère pour moi !
   -Et tu as prêté serment pour ton travail. La loyauté au-dessus de tout. Même au-dessus du sang"
   Daria voulait pleurer devant son ton grave et la lumière cruelle dans ses yeux noirs qui disait qu'il appréciait l'idée de voir les autorités torturer et interroger leur ami.
   Le même qui ce reflétait dans le regard de Tamira.
   Comment le pouvaient-ils ?
   Pire encore était la menace tacite qui planait dans l'air entre eux.
   Si elle ne dénonçait pas Xed et ne le faisait pas arrêté, ils le dénonceraient tous les deux.
   Et elle subirait le même sort.
   Ou pire.
   Ainsi font mes parents. Plus que cela, elle ferait honte au nom de Stazen pour toujours. Il pourrait même être rayé de tous leurs dossiers. Je ne peux pas apporter la disgrâce à notre nom. Ses parents ne lui pardonneraient jamais.
   Mais comment pourrait-elle vivre avec elle-même si elle trahissait son meilleur ami ? Son frère ?

 


Notes de traduction :
Le corbeau dit :"Jamais plus" : extrait du poème "Le Corbeau", d'Edgar Allan Poe.
L'enfer n'a de pire fureur qui égale celle d'une femme dédaignée : tirée de la pièce The Mourning Bride de William Congreve.


Texte original © Sherrilyn Kenyon - 2002
Traduction © Dark-Hunter Francophone