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L’extrait suivant comme l’ensemble de ceux présents sur ce site internet, ont été traduits par l’équipe de Dark-Hunter Francophone d’après le strict respect du texte original. 
Toutefois nous ne sommes pas traducteurs professionnels, le sens d'une phrase peut nous avoir échapper. Si vous trouvez une faute ou une phrase mal construite, n'hésitez pas à nous le signaler par email.


Note : cet extrait ne contient pas de spoilers, il montre surtout pourquoi Ambrose essaye de modifier le passé de Nick, et par le fait, la raison d'être de la série "Chroniques de Nick", à quoi elle sert et pourquoi elle est liée à la série Dark-Hunter.
Toutefois, si vous n'êtes pas arrivé au Dark-Hunter #13 - Au-delà de la nuit, vous saurez ce qu'est devenu Nick.


Les Chroniques de Nick #4 - Inferno


Prologue

La Nouvelle Orléans
Dans un avenir lointain ...  
 

   Sur le sommet de ce qui restait du vieux bâtiment du Jackson Brewery, se découpant sur le soleil couchant et complètement rongé de l'intérieur par sa haine de tous les êtres vivants, Nick regardait sa ville autrefois bien-aimée rasée par les flammes. Ses yeux de démon bouillonnaient de faim et d'orgueil, reflétant les feux qui brûlaient autour de lui. N'ayant même plus un brin d'humanité, il jeta un coup d'œil à sa main, où il tenait une épée ensanglantée. Sous son armure d'or, sa véritable peau de démon dévoilait son motif noir et rouge tourbillonnant. Le menton haut, il était grand et provocateur, les ailes noires écartées.
   Féroce et terrifiant pour tout ce qui se rapprochait de lui, il avait finalement un rôle particulier à jouer.
   Et le massacre en contrebas était ce qui le nourrissait au plus profond de son âme noircie. La destruction totale et la misère humaine absolue. Il n'y avait pas mélange plus savoureux.
   Pas de meilleure vue.
   Il ne pouvait pas être plus heureux alors qu’il examinait les conséquences de sa guerre contre les humains et les dieux.
   Des fragments d'hélicoptères déchiquetés étaient éparpillés sur l'asphalte et sur l'ensemble de Jackson Square. Mais ce n'étaient pas les seuls restes qui tapissaient les rues ... Le spectacle grotesque lui aurait retourné l’estomac s'il avait un sentiment quelconque.
   Cependant, sa douceur, comme autrefois la ville et les humains qu’il avait appelé sa maison, avaient disparu.
   Rien d'autre que la haine et la rage ne le gouvernaient à présent. Alors qu’il regardait, détaché de tout cela, son armée démoniaque se régalait des restes des pauvres créatures qui avaient tenté de se battre ou de celles qui étaient assez bêtes pour tenter de fuir. Bientôt, il n'y aurait plus personne pour pleurer.
   Il riait de son triomphe. Il avait gagné cette guerre, et il régnait en maître. Il n'y avait plus personne pour le combattre maintenant.
 
   Soudain, le vent porta quelque chose d'étrange à ses oreilles. Il entendait…
   Des voix humaines. N'hurlant pas de peur ni ne réclamant la pitié comme les autres. C'étaient…
   À l'intérieur de la cathédrale. C'étaient les voix de guerriers qui se préparaient à combattre.
   Mais comment ? Personne ne devait être laissé.
   Nick ferma les yeux pour qu'il puisse observer la scène avec ses pouvoirs. À l'intérieur de la cathédrale autrefois célèbre, les hurlements des enfants résonnaient tandis que son armée frappait contre la porte fortifiée. Quelqu'un avait empilé les confessionnaux et les bancs contre elle pour bloquer ses démons.
   Non, pas quelqu'un ...
   Trois femmes se tenaient au centre de la nef, prêtes à défendre une poignée d'enfants et un petit groupe de mères qui se cachaient derrière l'autel. Contrairement aux êtres terrifiés qui pleuraient et gémissaient d'impuissance, les trois femmes dressèrent le bilan de leurs armes. Dans son esprit, il pouvait les voir clairement. Les sœurs jumelles qu'il avait autrefois appelées amies, Tabitha et Amanda, se tenaient avec une autre femme dont il ignorait le nom. Elle lui était familière, mais pour une raison quelconque, il ne pouvait pas se la rappeler. Non pas que cela importait.
   Armées d'épées, de couteaux et d'arbalète, les femmes paraissaient usées par le combat et fatiguées. Pourtant, elles étaient comme de féroces guerrières, prêtes à se battre jusqu'au bout. Les cheveux de Tabitha étaient teints en noir tandis qu'Amanda gardait leur véritable couleur auburn foncé. Selon sa mode habituelle, Tabitha était habillée en cuir. Les vêtements d'Amanda étaient serrés, du style yoga, pour lui permettre de se déplacer librement. La troisième femme portait un équipement de guérilla, avec un gilet de Kevlar et des bottes de combat. Ses longs cheveux noirs, artificiellement redressés, découvraient son visage et une profonde ecchymose marquait la peau sombre de sa joue gauche.
   "Nous ne pourrons pas les retenir," murmura Tabitha aux deux autres femmes pour que les enfants ne l'entendent pas.
   Amanda leva son menton d'un air déterminé.
   -Alors nous mourons en les défendant... comme nos familles l'ont fait.
   La troisième femme hocha la tête.
   -Acta est fabula.
   Tabitha et Amanda froncèrent les sourcils.
   Elle vérifia le bord de son épée avant de reprendre la parole.
   -La pièce est jouée, les mots de César Auguste alors qu’il mourrait.
   Tabitha leva les yeux au ciel.
   -Je sais ce que cela veut dire, femme, j'étais mariée à un général romain, mais si tu veux citer César, au moins, dit, veni, vedi, vici.
   -Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu ?" Demanda Amanda, incrédule. "Vraiment ? Bien essayé, Tabby, mais malheureusement les seules fesses à se faire démolir aujourd'hui sont les nôtres.
   Un grondement retentit alors que les portes se soulevaient sous le dernier coup.
   Tabitha grommela.
   -Ils arrivent.
   Amanda et Tabitha se tenaient côte à côte tandis que la troisième femme tenait ses bras écartés. Le feu engloutit ses mains, lui faisant savoir que cette femme n'était pas humaine.
   C’était une déesse.
   Pas Mâat, avec qui il avait grandi, mais elle lui rappelait les déesses égyptiennes qu'il avait rencontrées et tuées au cours des siècles. Si seulement il savait laquelle.
   En utilisant sa télékinésie, Amanda essaya de retenir la porte. Mais tout ce qu'elle fit, c'était lui provoquer un saignement de nez alors que les démons perçaient le bois et dispersaient les bancs et les confessionnaux dans toutes les directions. Son armée se répandit dans le bâtiment et se dirigea directement vers les enfants.   
   Comme les anciens soldats, les femmes les affrontaient et se battaient avec une compétence inégalée. Tabitha tua trois démons d’un coup de son épée, tandis qu'Amanda et l'autre femme en tuaient encore plus.
   Pendant quelques minutes, elles semblaient avoir gagné.
   Mais elles n'étaient pas de taille face le nombre de ses forces armées alors que ses démons les envahissaient. Amanda tomba d'abord, puis Tabitha alors qu'elle courait pour aider sa sœur. Avec elles hors de leur chemin, son armée se tourna vers la dernière femme et déferlèrent sur elle. Elle les retint avec des pistolets pendant deux minutes de plus. Mais à la fin, elle aussi tomba sous le nombre.
   Les enfants et les femmes s’enfuyaient. Non pas que cela puisse les sauver. A l'unisson, son armée les mis en pièces.
   "Bon appétit*," chuchota Nick.
   Il commença à se détourner, jusqu'à ce qu'un démon attire son attention et le retienne. Contrairement aux autres, celui-ci n'avait pas combattu ni poursuivit les humains.

   Vêtu d'une armure noire qui semblait suinter de sang même s'il n'était pas blessé, ce démon était plus féroce que tous les autres. Malphas examina les corps des femmes avec un regard de dégoût et de tristesse.
    Jusqu'à ce qu'il réalise que Tabitha était encore en vie.
   Il s'agenouilla à côté d'elle et lui baisa la tête tendrement.
   "Tabby ... Je suis tellement désolé.
   Grimaçant, elle ouvrit les yeux alors qu'elle luttait pour respirer. Elle rit amèrement, exposant une série de dents saignantes.
   -Il y a des choses qui ne se règle pas même quand on est désolé, Caleb.
   -Chhh, ne parle pas, je peux ...
   -Tu nous as trahis," souffla-t-elle, écartant Malphas avant qu'il puisse continuer. Elle lécha ses lèvres meurtries, puis se mit à convulser dans ses bras. Ses yeux devinrent ternes.
   Tabitha Lane Devereaux Magnus était morte.
   Caleb la serra contre son cœur et caressa ses cheveux ensanglantés.
   "Non, Tabby, je me suis trompé." Il jeta un coup d'œil aux deux autres femmes tandis que les larmes remplissaient ses yeux démoniaques. "Surtout, j'ai trahi Nick."
   Ces mots traversèrent Nick comme un destructeur. Comment son serviteur osait-t-il avoir pitié de lui ? Il n'était pas un humain dérisoire devant être materné comme s'il n'était rien.
   Il était le Malachai. Seigneur et souverain de tous les univers connus !
   Sa vision s'assombrissant avec le poids de sa fureur, il se manifesta à l'intérieur de la cathédrale, juste à côté de Malphas. Son armure d'or brillant sous la faible lumière, Nick leva ses ailes noires alors qu'il dominait son serviteur.
   "Tu n’as jamais appris le ton ou la position appropriée.
   -Il attrapa Malphas par la gorge et le souleva du corps de Tabitha.
   -Vas-y," Osa Caleb. "Tues-moi, mon seul regret est que tu ne l’ais pas fait il y a des siècles avant que je ne sois obligé de servir ce que tu es devenu.
   Bien alors …
   -J’en ai fini avec toi de toute façon," grogna Nick devant son visage.
   Il brisa le cou de Malphas, puis le jeta contre le mur si durement que son corps traversa la pierre et atterrit dans l'allée à l'extérieur.
 

   Grognant de fureur, Nick se retourna pour aller chercher ceux qui avaient fui, mais alors qu’il faisait un pas, son regard se posa sur le bras de Tabitha. Le sang teintait sa peau, mais ce n'était pas ce qui avait attiré son attention. C’étaient plutôt les mots latins tatoués sur son avant-bras. Fabra est sui quaeque fati. Le destin est ce que nous en faisons.
   Pour la première fois depuis des années, Nick sentit autre chose que de la fureur et de la haine. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas eu cette émotion qu'il lui fallut une minute pour la nommer.
   Remords. Cela le brisa en pensant à ce qu'il avait fait aux gens qu'il avait autrefois appelés famille. Aux personnes qu'il avait aimées et protégées.
   Kyrian Hunter l'avait sauvé, lui et sa mère, et comment l'avait-il remboursé ?
   Il avait pris tout ce que Kyrian avait aimé et l’avait détruit, puis il avait pris sa vie.
   Comment est-ce que je suis devenu ce monstre ?
  
Il n'y avait plus personne à blâmer pour sa transformation. Après toutes ses promesses de ne pas vouloir le faire, que rien ne pouvait le faire plier, il avait cédé. Nick regarda son armure ensanglantée et ses mains griffues qui avaient depuis longtemps cessées d'être humaines. Il déplaça son regard autour de la salle sacrée où il avait marqué tous les principaux jalons de sa vie humaine, et vit ce qui en restait.

   Seuls des débris tordus et brûlants l'entouraient.
   À l'intérieur et à l'extérieur.
   Quand s'était-il complètement perdu ?
   Basculant la tête en arrière, Nick rugit d'agonie.  

  

   Ambrose se redressa dans son lit, tremblant de la prémonition qui s'était glissée dans son sommeil.
   Encore.
   Les larmes lui remplissaient les yeux en voyant dans son esprit l'image de Tabitha et d'Amanda mortes au même endroit où il avait assisté à d'innombrables messes avec sa mère. Là où il avait marché en tant qu'enfant de coeur, où il avait juré à plusieurs reprises qu'il ne deviendrait jamais le monstre qu’était son père.
   Au lieu de cela, il s'était transformé en quelque chose de bien pire.
   Comment pourrais-je jamais faire une telle chose ?
  
Comment pourrait-il jamais se permettre de se changer en une telle bête ?

   Grinçant ses dents, il voulait purger les images de sa tête. Mais elles étaient là.
   Douloureuses. Railleuses.
   Réelles.
   C'était l'avenir qu'il voyait, et il ne pouvait pas y couper. Peu importe ce qu'il fallait pour ça, il devait les sauver tous.
   Il le devait.
   "Nicholas ?
   Il se retourna tandis qu'Artemis s'asseyait à côté de lui et touchait son épaule nue.
   L'inquiétude sillonnait son beau front tandis que ses cheveux rouges tombaient autour de ses épaules élancées dans des boucles parfaites.
   -Tu trembles.
   Ambrose secoua la tête de déni.
   -Je ne tremble jamais, rien ne me fait peur.
   Elle ne le croyait pas. Il voyait la vérité dans ses yeux verts alors qu’elle repoussait ses cheveux humides de son visage.
   -Est-ce ton rêve ?
   -Ce n'est pas un rêve, Artie, c'est une vision, Acheron avait raison, nous ne pouvons pas changer notre destin.
   -C'est vraiment ce que tu crois ?
   Ambrose passa sa main dans ses cheveux trempés de sueur.
   -Non, je ne peux pas ...
   Il fixa son regard sur elle, puis parla plus énergiquement.
   -Je ne veux pas.
   En ce moment, il sentait son pouvoir se lever, essayant de noyer son humanité et de le transformer en la créature qu'il était né pour être.
   Mais il n'était pas perdu. Pas encore.
   -Personne ne me contrôle," grogna-t-il à la voix de son démon, poussant cette obscurité jusqu’à la soumission.
   "Jamais je ne deviendrai le Malachai !
   Il sortit de son lit et s'habilla rapidement.
   -Où vas-tu ?
   Il hésita, puis répondit avec plus de conviction qu'il n'en avait jamais eue.
   -Changer mon passé pour que je puisse changer mon avenir."

 


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Note de traduction :
*En cajun dans le texte.


Texte original © Sherrilyn Kenyon - 2013
Traduction © Dark-Hunter Francophone
 

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