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The League #9 - Born of Betrayal


Chapitre 4


   "Nous avons besoin que tu fasses ça."
   Fain maudit Nykyrian Quiakides – le prince Royal Andarion et un emmerdeur – qui était assis derrière un bureau noir orné, sur l'écran qu’il avait devant lui.
   -Ryn est l'ambassadeur Tavali.
   -Et dont la mère est chargée du Wasturnum - quatrième génération pour dominer cette branche - et son petit frère bien-aimé est l'empereur Caronese. L'UTC ne le verra pas comme impartial, et tu le sais.
Pourtant, Fain s'était opposé à sa nomination pour servir avec Galene. "Je suis maintenant un prince Andarion. N'ont-ils pas des problèmes avec ça ?
   -Ce n'est pas pareil, et tu le sais. Tu n’as pas été élevé par ma mère et tu n’as aucune véritable loyauté envers elle. Tu n’es pas lié au trône par le sang et tu ne peux pas hériter. En fin de journée, tu es toujours l'un des pirates. Comme eux.    Déshérité. Désavoué. Un esclave libéré. Quelqu'un qui n'a que faire des lois et des traditions d'une nation connue. A toi, le Conseil universel Tavali fera confiance.
   En ce moment précis, Fain détestait sérieusement l'UTC.
   -Qu'en est-il de Chayden ?" Demanda-t-il à Nykyrian. "Il ne peut pas le faire ?"
   -Un prince Qillaq par le sang dont la sœur bien-aimée est la prochaine reine de l'empire Exeterian. Ouais… ça ne sert à rien non plus. "Nyk se pencha en avant pour darder sur lui un regard intense. "Tu n’as pas de liens politiques réels avec un trône et aucune fidélité de sang à une seule nation ou un groupe Tavali. Tu ne diriges même pas ton propre équipage. Ton seul lien de sang est avec La Sentella et grâce à cela, Les Tavalis te font confiance. Plus que tout, nous te faisons confiance. Parce que tu es un mâle Andarion avec de solides liens militaires et un patrimoine, les Phrixiens te suivront. Il n'y a personne d'autre qui puisse le faire, Fain. Pour ça tu es dans une position unique."
   Un foutu maudit bordel.
   Sa propre ironie le dégouttait. Toutes les choses qui avaient ruiné sa vie étaient maintenant celles qui l'enfermaient dans une position de pouvoir dont il n’avait jamais eu envie. Bien qu'il n'était pas un suiveur, et qu'il avait toujours refusé d'en être un, il n'était pas non plus un leader.
   Les deux positions craignaient.
   Il voulait simplement rester seul pour vivre ce qui restait de sa vie misérable.
   "Je ne peux pas travailler avec elle. Elle me déteste, de tout son être. "Fain fit un geste vers la marque sur sa tenue de combat. "Elle m'a tiré dessus, Nyk. À bout portant. Sans avertissement. Dans le cœur !
   -Bien… Nous avons tous eu l'envie de te tirer dessus, Fain. Elle est juste celle qui a pu s’en amuser.
   Il se moqua de l'humour mal placé de Nykyrian.
   -Et tu veux qu'elle dirige ton armée ?"
   Nykyrian hocha la tête.
   -On m'a dit que tu es le seul qu’elle déteste à ce point. Tout le monde devrait être à l'abri de sa ligne de mire.
   -Tu n'es pas drôle.
   -Je suis un peu amusant.
   Fain grogna.
   -Tu es un connard.
   -Est-ce la pire insulte que tu peux concevoir pour moi ? Tu te ramollis en vieillissant.
   Fain lui montra les dents. Mais parce qu'ils étaient de très vieux amis, cela ne gênait pas ce bâtard.
   -Est-elle disposée à travailler avec moi ? Ou dois-je acheter une armure plus épaisse ?
   -J'ai été assuré qu'elle ne te tirerait plus dessus.
   -Qu'en est-il de la possibilité de me trancher la gorge ?
   -Nous n'avons rien spécifié là-dessus. Veux-tu que je rédige un contrat avec la liste de toutes les manières possibles d’en finir avec toi et lui dire qu'elle ne le fera pas ?
   -Je te déteste." Fain soupira lourdement. "Bien. Je vais la chercher et les emmener dans le Porturnum. Mais si je meurs, je prévois de te hanter le restant de l'éternité.
   -Bien. Je ne te manquerais pas donc.

   Fain frappa à la porte de l’appartement de Galene. À seulement un pâté de maisons du palais, c'était l'un des plus beaux bâtiments de la métropole animée d'Eris, la capitale Andarienne. Le portier avait été un peu nerveux à son arrivée, mais comme Fain était venu avec une garde royale Andarion, il avait laissé Fain passer avec une grimace irritée.
   Bon, qu'est-ce qui pouvait lui prendre si longtemps pour répondre et venir à la porte ? Son appartement ne pouvait pas être aussi grand.
   Elle le faisait strictement pour l’emmerder.
   Probablement.
   Il frappa à nouveau.
   La porte s'ouvrit pour découvrir son jeune amant dans une simple serviette blanche. Il avait un blaster dans une main alors qu'il le détaillait avec précaution.
   A sa vue la colère bouillonna à l'intérieur de Fain, surtout en raison de toutes les cicatrices sur le corps du petit bâtard, y compris des marques sur ses épaules qui semblaient être celles d'un mâle déshérité. Mais ce qui l’emmerdait vraiment était le tatouage sur la gorge du gamin qui le marquait comme un criminel Andarion ayant passé du temps dans l'une de leurs prisons. Compte tenu de tout cela, Galene devait avoir sérieusement parlé en sa faveur pour garder le petit bâtard dans l'armée avec un rang de commandant.
   Pire encore, elle n'avait pas menti. Ils vivaient vraiment ensemble. Et elle devait bien aimer le garçon pour passer outre sur ce genre de cicatrice.    Dans leur culture, ces marques étaient considérées comme une déformation et pouvait expliquer pourquoi un mâle de haut rang dans l'Armada Andarion restait célibataire.
   Aucune femme, autre que Galene, n’aurait pu regarder Talyn d’une quelconque manière, sauf avec mépris et dédain.
   La journée était de mieux en mieux.
   Fain ourla les lèvres de dégoût.
   "Je suis ici pour le commandant.
   Son amant ricana.
   -Tu aurais dû appeler en premier.
   -Elle m’a dit qu’elle collaborerait.
   -Pas qu’elle le ferait à la première heure le matin." Faisant la grimace en voyant le groupe, le jeune amant permit à Fain d’entrer dans l’appartement, mais pas les autres. Il leur ferma la porte au nez, et se dirigea vers la cuisine où il y avait un bol de céréales chaudes sur le comptoir. Il posa son blaster à côté de lui avant de s'asseoir sur un tabouret de bar et de continuer de manger.
   "Vous avez de la compagnie, Commandant".
   A ses mots mécontents, Galene s’appuya sur le comptoir pour voir Fain. Vêtue d'une courte chemise de dentelle, elle la passa sur sa robe et la ceintura. Mais pas avant que l’image de son léger corps athlétique et de sa luxuriante poitrine soit fermement implantée dans son esprit.
   "Que fais-tu ici ?
   Je viens mettre ma libido à l’agonie, apparemment.
   Et enrager.
   Fain serra les dents devant la réaction violente et traîtresse de son corps. Bordel ! Pourquoi ne pouvait-il pas être près d'elle sans avoir à vivre l'enfer ?

   -Je suis censé vous escorter au QG de Porturnum. Tu t’en souviens ?
   -Dans une heure," grommela-t-elle.
   "Qu'est-ce que je peux dire pour ça ? J'avais hâte de te revoir.
   Elle leva les yeux devant son sarcasme.
   Son jeune amant se leva et se pencha sur le comptoir pour placer son bol dans l'évier. Il croisa son regard et eut un regard interrogateur.
   -Tu veux que je lui tire dessus cette fois-ci ?
   Elle avait le courage de sourire.
   -Ne me tentes pas, fripouille." Elle repoussa son blaster de la main. "Tu devrais finir de t’habiller.
   -Oui, m’dame." Il se dirigea vers le couloir. Pour la première fois, Fain se rendit compte qu'il avait une boiterie prononcée quand il marchait.
   "Et ne laisses pas ta serviette humide sur le sol encore une fois. Accroche-la.
   Sans un mot, le jeune amant dénoua la serviette de ses hanches et la lança sur elle. Complètement nu, il fit un sourire suffisant et provocateur à Fain avant de se diriger vers le fond de l’appartement.
   Dégoûté par son affichage flagrant et la richesse des cicatrices sur le dos du garçon, Fain voulait du sang. Il lui fallut beaucoup de contrôle pour ne pas suivre  le voyou et lui enseigner quelques leçons précieuses sur les bonnes manières.
   En riant de l'impudence du garçon, Galene prit la serviette et l’emmena dans ce qui devait être la salle de lavage. Elle revint pour fixer son propre regard sur Fain.
   "J’espère que tu ne voulais pas le contrarier.
   -Le contrarier ? Tu es sérieuse ?
   -Oui. Je pense que tu es assez vieux pour le savoir.
   -Mais pas lui, hein ?" Fain serra les lèvres. "Peut-être que tu devrais coucher avec quelqu'un de plus proche de ton âge.
   Elle ne répondit pas alors qu'elle se dirigeait vers le couloir.
   -Nous allons sortir dans une minute."
   Se mordant la lèvre, Fain pensa qu’il n’avait jamais été aussi furieux de toute sa vie. C'était vraiment douloureux.
   Alors qu'il attendait et envisageait de les assassiner tous les deux, il entra dans le spacieux salon qui avait une vue incroyable sur la ville. Quelque chose qu'il aurait plus apprécié s'il avait été de meilleure humeur.
   Mais en ce moment, seul un bain de sang l'apaiserait.
   En essayant de le sortir de son esprit, il balaya du regard le mobilier contemporain et nota le nombre de photos présentes. Plus que cela, il se rendit compte que les photos étaient toutes de son animal de compagnie.
   Foutu petit bâtard…
   Il s'arrêta sur une où elle était avec son jeune amant quand le gamin était plus jeune….
   Beaucoup plus jeune. Du genre six ou sept ans, et vêtu d’un costume de lorina* jaune et noir pour une pièce de théâtre.
   Fronçant les sourcils, Fain s'approcha des cadres qui exposaient le certificat de remise de diplôme du garçon et l’article d'un magazine de sport à propos de lui. Son froncement de sourcils se transforma en une bosse alors qu'il voyait le nom de l'enfant sur la couverture.
   Talyn Batur.
   Oh chers dieux, c'est son fils.
   Merde ! Talyn Batur.
   Talyn B-a-t-u-r, le combattant du Ring du siècle était son fils unique. Son enfant était une légende Andarion. Ce petit bâtard avait également battu tous les records que Fain avait mis dans le Ring. Chacun d'entre eux. Des records dont personne ne pensait qu’ils seraient battus par un autre combattant.
   Et c'est son fils. Logique.
   Il frotta sa mâchoire douloureuse. Pas étonnant qu'ils aient appelé le gamin le Marteau de Fer*. Il frappait comme tel.
   Dégoûté de lui-même pour ce qu'il avait pensé d’eux, il soupira. Je suis tellement idiot. Comment avait-il pu être stupide au point de ne pas se rendre compte de qui était Talyn ?
   Mais cette pensée prit fin alors qu'il remarquait la date sur le certificat de remise des diplômes du garçon.
   Si c'était correct…
   Avec précaution, il étudia le certificat plus étroitement. Ce n'était qu'un certificat partiel car il manquait la lignée paternelle de Talyn.
   Tout le patrimoine de son père.
   D'ailleurs, Batur était son nom de famille. Et maintenant qu'il regardait de plus près les photos de Talyn quand il était petit garçon, Fain réalisa combien Talyn ressemblait à son neveu Darice. Combien Talyn ressemblait à lui et à Dancer.
   Alors son regard passa sur la Caste de Talyn sur ses dossiers. X-12-6. Le fils bâtard d'un homme déshérité. Ce code de Caste le frappa comme un coup de pied entre les jambes.
   Oh merde.
   Il se raidit alors qu'il sentait une présence derrière lui. En se retournant, il vit Talyn dans son armure de combat Andarion. Talyn qui était de la même hauteur et de la même carrure qu’il avait eut au même âge.
   Le regard du garçon passa de Fain au certificat avant qu'il ne crie.
   "Hé, Ma ! Papa vient juste de comprendre comment compter afin de calculer mon âge et ma date de conception. Il fait une sorte d'apoplexie. Je pense que tu devrais venir ici avant qu'il ne pisse sur ton plancher. Et s'il le fait, ce n’est donc pas moi, alors ne me crie pas dessus pour ça. Et je ne vais pas nettoyer. "
   Fain ne pouvait plus respirer alors que Talyn confirmait ses peurs.
   J'ai un fils.
   Un fils beau, fort et grand.
   Sidéré et effrayé, et se sentant comme un total imbécile, il tendit la main pour toucher les ecchymoses qu'il avait donnés à Talyn hier lors de leur combat.
   Ses yeux blancs remplis de haine, Talyn s’écarta et lécha la croûte sur sa lèvre des suites d'un autre coup que Fain lui avait donné. "Ne me touches pas".
   Galene hésita à la porte.
   Vraiment fâché, Fain la regarda fixement. "Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ?
   -J'ai essayé, et tu m’as dit que tu avais des nouvelles beaucoup plus pressantes.
   Fain grimaça en se remémorant son expression blessée ce jour-là dans le vestiaire avant qu’elle ne sorte, pour revenir quelques minutes plus tard pour le confronter aux mensonges de Merrell.
   -C'est ce que tu venais dire ?" Lui demanda-t-il.
   "Ouais. Félicitations, Fain. Tu es papa.
   Et comment l'avait-il remercié pour son précieux cadeau ? Il lui avait permis de croire qu'il était amoureux d'une autre femme.
   -Pas étonnant que tu m'ais poussé dans cet auditorium." Il secoua la tête. "Tu aurais encore pu me le dire.
   -Pourquoi ? J’aurais été forcée de me marier à un homme amoureux de quelqu'un d'autre ? Une humaine en plus. Traite-moi de provinciale, mais je voulais mieux que ça.
   Fain fit tourner l'anneau orné d’un cœur avec son pouce. Le sort l'avait baisé sérieusement.
   Non, le destin les avait tous baisés.
   -Je suis désolé, Galene.
   -Je ne suis pas celle pour qui tu devrais t’excuser." Son regard était sur Talyn.
   Ses traits étaient figés comme de la pierre.
   Fain voulait l'embrasser. C'était une douleur physique en lui de vouloir toucher un fils qu'il n'avait jamais pensé avoir, mais il était péniblement évident que Talyn voulait qu'il meure sur place.
   -Je suis désolé, Talyn.
   -Il y a des choses que les regrets ne peuvent pas réparer, vieil homme. C'est certainement l'un d'entre eux.
   -Je le sais. Croyez-moi, je le sais." Le cœur brisé, Fain cligna des yeux pour effacer les larmes qui l'étouffaient alors qu'il pensait à tout ce dont ils avaient tous été privés.
   J'ai un fils…
   Un enfant qu'il n'avait jamais pu tenir et apaiser. Un fils à qui il n'avait jamais enseigné à se battre ou à se protéger. Dont il ne savait absolument rien. Un regret amer et douloureux l'étouffait.
   Talyn rencontra le regard de sa mère.
   "Je vais vous laisser.
   Alors qu'il passait devant elle, Galene lui toucha le bras. "Tu vas bien, bébé ?
   -Je vais bien, Mattara."
   Galene grimaça. Ce n'était pas vrai et elle le savait. Mais c'était le mieux qu’elle pourrait espérer de lui. Talyn n'avait jamais montré à personne ses émotions. Son enfance avait été trop brutale pour ça.
   Sans un autre mot, son fils se dirigea vers sa chambre.

   Le cœur battant, elle regarda Fain observant les autres photos de Talyn au cours des années. Leur fils avait été un joli enfant. Performant à l'extrême.
   Mais alors, Talyn avait été forcé d'être trois fois plus performant dans tout ce qu'il faisait pour être considéré comme moitié aussi bon que d'autres.
   Fain rencontra son regard.
   "Je ne sais pas ce qui me dérange plus. Le nombre de fois que je me suis fait de l'argent sur les victoires de Talyn, ou celles où j'ai perdu de l'argent en pariant sur quelqu’un qui le vaincrait dans le Ring.
   -Ne me parle même pas de ça, Fain. Ou je vais te tuer là où tu te tiens. Tu ne sais pas combien je l'ai détesté pour avoir le prestige qui aurait dû être sien à la naissance. Combien de fois j'ai marché sur le sol d'une salle d'attente, en priant qu’il survive aux blessures qu'il avait eut parce qu'il n'avait aucun avenir s’il ne pouvait plus se battre. Et même alors, il ne lui a jamais été donné, parce qu'il n'a jamais eu les Acquis d’une lignée complète pour le soutenir. " Elle serra les dents et le regarda furtivement. "Excuse-moi pour ça."
   Fain s'étouffa face à la douleur dans son cœur. Plus jeune, il avait pensé à échanger sa propre vie et son avenir pour sauver Dancer. Au lieu de cela, cette action "noble" lui avait coûté son fils.
   L'avenir de Galene et de Talyn n'était pas censé faire partie du marché qu'il avait fait avec Chrisen et Merrell Anatole. Rien ne s'était passé comme prévu.
   Et jamais il ne pourrait se détester davantage.
   "Je peux imaginer ce que vous avez traversé.
   -Non, Fain. Tu ne peux pas. Pas vraiment. Tu étais toujours aussi populaire. Tout le monde t’aimait et t’adorait. Adorait le terrain sur lequel le grand War Hauk te faisait marcher… Notre fils n'a jamais su ce que c’était. Aucun Andarpon décent ou respecté n’allait se socialiser avec lui. Aucun. Même en tant qu'officier, il n'a pas été autorisé à se doucher dans la même zone de caserne que n'importe quel soldat Vested. La seule femelle qui peut rester avec lui est une compagne payée qu'il loge dans son appartement, en ville. Je devais l'envoyer à l'école avec les Hyshians parce que notre race ne lui permettait pas d'aller à une école Andarion avec sa lignée brisée. A chaque fois qu’il arrivait à une porte, elle était brutalement frappé, pas sur le visage, mais sur ses petites mains.
   Il grimaça en réponse, et il le devait.
   "Les enfants Hyshians et humains n'avaient pas le droit de jouer avec lui parce qu'il était Andarion. Et les enfants Andarion n'avaient pas le droit de parler avec lui parce qu'il était bâtard de père. Tu sais, il était trop humilié pour me dire qu'il avait fini par s'effondrer et avait payer une maîtresse ? S’il ne s’était pas fait tirer dessus froidement par son propre commandant, qui te détestait, et qui l’a presque tué, je n'aurais jamais su qu'il l’avait fait entrer dans sa vie. " Elle désigna du menton ses prix et ses articles. "Même s'il était et est toujours le combattant le plus célèbre dans l'histoire de Ring, son agence a toujours refusé de permettre à Talyn d'avoir un contrat complet avec elle. Il a dû faire plus de combats pour l'acheter ou la perdre pour un mâle pleinement Vested. Et tu ne voudras jamais savoir quel était le coût de ce contrat. Il est ahurissant et m’emplit de fureur.
   Fain serra les dents. Chaque maîtresse Andarion et son agence dont il avait déjà entendu parler, ou connus, auraient vendu leurs âmes pour faire un pacte de longue date avec un officier militaire. Surtout celui qui tenait le deuxième rang le plus élevé dans son armada, et n'avait pas plus de cinquante ans. Sans parler du fait que, comme Galene l'avait dit, Talyn Batur était un champion intergalactique adulé par tous les univers connus qui suivaient le sport Andarion du Ring.
   Il était malade de penser à ce que son enfant avait traversé à cause de lui.
   "Si j'avais eu des soupçons, Stormy, j'aurais traversé l’enfer pour m’occuper de vous.
   Elle lâcha un soupir fatigué.
   -Ce n'est pas grave maintenant, n'est-ce pas ? Nous ne pouvons pas revenir en arrière. Et nous avons tous les deux une main coupable dans la ruine de la vie de notre fils.
   -Je ne sais pas." Il a fait un geste vers les trophées et les prix sur les étagères et le mur. "Tu as l'air d'avoir fait un excellent travail avec lui.
   Galene détourna les yeux. Des larmes remplissaient son regard alors qu'elle essayait de ne pas se souvenir du passé.
   -Chaque jour, je me demande si j'aurais pu faire plus. Si j'avais fait plus. »
   Fain lui fit un regard dur et sévère. "Tu es une mère bien meilleure que celle que j’ai eu. Au moins, tu l'as aimé. Tu l'as protégé. Tu ne l’as pas expulsé de ta maison et fait de lui un Hors-Caste qui n’osait pas marcher dans un territoire Andarion sans une sentence de mort sur sa tête.
   Elle ravala ses paroles. Amusant, elle n'avait jamais pensé à Fain de cette façon. Pendant toutes ces années, il avait été une cible pour sa haine.     Elle n'avait jamais vraiment réfléchi à combien il était difficile d'être seul, sans lignage.
   Principalement parce qu'elle l’avait détesté. Elle voulait alors qu’il vive sa vie dans une misère totale. Voulait qu'il paye brutalement ou la quitte.
   Pour avoir abandonné Talyn et causé des blessures à son bébé.
   Maintenant qu'elle savait qu'il l'avait fait, elle ne se sentait pas mieux comme elle l'avait cru.
   Cela aussi la rendait triste.
    "J’ai élevé Talyn, Je ne comprendrais jamais pourquoi mes parents m’ont fait ce qu’ils ont fait. Ou ce que les tiens t’ont fait. Je ne pourrais jamais lui faire du mal. Pas intentionnellement. 
   -Comme je l'ai dit, tu es une mère bien meilleure que celle que je connais. Il a eu la chance de t’avoir. La seule chose pour laquelle il s’est fait avoir, c’était pour son père, et pour cela, je suis tellement désolé.

   -Commandant ?
   Ils se retournèrent tout les deux alors que Talyn les rejoignait.
   Il remit un lien à sa mère.
   -Il y a eu une autre attaque.
   Tressaillant, elle prit le lien qu’il lui tendait et quitta la pièce pour répondre à l'appel.
   Un silence gênant remplit l'air entre eux alors que Talyn regardait à travers lui comme s’il n’existait pas.
   Qu'est-ce que quelqu'un peut dire à un enfant devenu grand dont il n’avait jamais rien sut ?
   Tout à coup, Fain eut un respect tout nouveau pour Nykyrian qui avait été confronté à cela lorsque son ex lui avait laissé Thia, sans prévenir.

   Mal à l'aise, il s’éclaircit la voix.
   -Ta mère m’a dit que tu avais une femme ?
   Talyn continua à le regarder sans commentaire.
   -Est-ce qu'elle a un nom ?
   Une minute entière et très lente passa avant qu'il ne réponde. "Felicia.
   -C'est un joli nom.
   Et il le regardait encore. Bon sang. Il pouvait oublier les compétences martiales de Talyn. Ce regard froid pouvait glacer le sang.
   -Depuis combien de temps vous êtes ensemble ?
   -Je ne parle pas de ma vie personnelle. »
    Fain hocha la tête alors qu'il se souvint avoir lu ça dans plusieurs articles différents, au fil des ans. C'était quelque chose que les médias avaient rabâchés sur  Talyn. Le Marteau de Fer ne montrait pas son visage dans le Ring, ou en dehors. Il ne parlait pas non plus de ses matchs. La seule chose que les médias avaient sut sur lui était qu'il aimait faire de l'escalade et camper le week-end. Et ça c'était s'ils pouvaient avoir une entrevue avec lui.
   "Y a t-il quelque chose que je pourrais te dire qui permettrait de nous quitter au moins en termes amicaux ?
   -Que tu es en train de mourir d'une maladie douloureuse et en phase terminale et qu’il ne te reste que quelques heures à vivre.
   Fain laissa échapper un "hé" fatigué. "Es-tu au moins curieux à mon sujet ?
   Talyn renifla.
   -Pas vraiment.
   -Tu n’as aucune question ?
   -Il n'a jamais posé de questions à propos de toi ou de ta famille", déclara Galene alors qu'elle les rejoignait. "Pas même ton nom."
   Fain ne savait pas pourquoi, mais lui fit plus mal que le reste.
   "Je vois. Nous allons garder tout ceci strictement militaire, alors. Je resterai hors de vous deux, et tu peux me contacter quand tu as besoin de moi pour relayer les ordres aux Phrixians. Darling Cruel - l'empereur Caronese – tu peux traiter directement avec lui. Il n'a pas de problème quant à prendre les ordres d'une femme, Jayne a été sous ses ordres pendant des années et l'a dompté quand il était jeune. Si tu dois contacter l’un de ses commandants, tu peux me faire parvenir un message et je te renverrais les ordres. La plupart des Tavali ne devraient pas avoir de problème avec toi. S'ils te posent des problèmes, donne-moi leurs noms et je leur dirai à qui ils obéissent. Tu peux facilement faire face à leurs quatre commandants principaux, et si cela peut aider, le frère aîné de Darling Cruel, Ryn, est le fils d'Hermione Dane. Elle est le chef du Wasternum, et elle est assise à la tête du CUT."
   Galene fronça le front. "CUT ?
   -Conseil Universel Tavali. Elle va s’y faire appeler Kirren et tu auras besoin de ce nom pour communiquer avec elle. C'est son nom de code réservé seulement à ceux qui lui sont proches. Tous les Tavali fonctionnent de cette façon. C'est ainsi que nous gardons les étrangers et les espions éloigner de ce qu’ils pourraient savoir sur nous.
   Talyn rétrécit son regard en le regardant.
   -Quel nom utilises-tu ? Déloyal ?
   Fain laissa passer l’insulte. "Je n’en ai pas. Je suis ce qu'on appelle un Rogue.
   -Et c'est ?
   Il rendit le regard de Talyn avec un regard tout aussi froid. "Quelqu'un sans allégeance envers une famille ou un pays. Ce que les Andarions appellent affectueusement un Sans Caste, sauf que les Tavalis n'essaient pas de nous tuer à vue. Ils nous utilisent simplement lorsqu'ils ont besoin de chaire à canon ou de leurres. "
   Galene regarda ailleurs quand elle vit la douleur qui brillait dans les yeux de Fain. Elle ne devait pas s’en soucier.
   Pas du tout. Et pourtant, elle le fit.
   Parce que je l'ai aimé.
   Peut être. Et c'est peut-être pour ça que Talyn l’aimait autant, son amour pour son fils qui la rendait plus sympathique pour l'homme qu'il était.
   Ouais, elle ferait avec ça, pour le moment.
   Fain lui posa deux doigts sur son oreille. "Ouais ?" Dit-il à celui qui l’appelait. Il attendit plusieurs secondes avant de parler. "Nous serons là-bas." Il rencontra son regard. "Votre garde est à bord et attend avec mon équipage. Si vous êtes prêts, nous pouvons nous mettre en route."
Alors qu’ils allaient vers la porte, Talyn se tapota l’oreille. "Hé, est-ce qu'il y a quelque chose qui ne va pas ?" Il posa son doigt contre le lien et fronça les sourcils en écoutant attentivement. Il les conduisit dans le couloir. "Tu as besoin de moi pour t’appeler ?
   Fain vit le froncement de sourcils de Talyn doubler d’une manière inquiétante.
   -Est-ce qu'il va bien ?
   Galene hocha la tête en se dirigeant vers les ascenseurs.
   -Il parle à Felicia.
   -Comment le sais-tu ?
   -Le ton soucieux et chaleureux de sa voix et la quantité de concentration qu'il doit prendre en l'appelant. La douceur de son ton. Il ne lui parle que comme ça. " Elle les conduisit dans l'ascenseur.
   Talyn vérifia l'heure.
   Fain était stupéfait par la différence dans le comportement de Talyn lorsqu'il parlait à sa Felicia. Tout chez Talyn était différent. Pour la première fois, il semblait vulnérable.
   "Chérie, écoute, si tu as besoin de moi, ça ne me dérange pas. J'ai encore un peu de temps avant que nous soyons à la baie." Talyn ignora complètement tout le monde alors qu'il les suivait dans l'ascenseur. "Ouais ok. Mais s'ils ne te donnent pas plus de mérite qu’aux autres, fais le moi savoir et je traiterai avec eux. Je suis sérieux. Personne ne doit te négliger comme ça. Jamais. Je leur botterais le cul pour ça.
Ses traits s'adoucirent et il ferma les yeux comme s'il savait ce qu'elle allait lui dire. "Ouais moi aussi. Je vais vérifier dès que je le pourrais. Reste en sécurité. "Il baissa la main et redevint aussitôt sévère.
   -Est-ce que tout va bien ? " Demanda Galene.
   Talyn fit un hochement de tête militaire avant de donner les détails. "Les moniteurs de la société de fonds communs ont fait faillite et la nouvelle société que j'ai créée harcelait Lish parce que son nom n'est pas sur le compte. Elle voulait simplement s'assurer qu'il était possible de s'ajouter elle-même dessus." Un tic féroce commença sur sa mâchoire.
   Tendu et énervé, Talyn sortit de l'ascenseur et se dirigea vers leur moyen de transport comme s'il voulait commettre un meurtre.
   Fain tira Galene à l'écart dans le hall tandis que les autres suivaient Talyn.
   "Pourquoi est-il tellement en colère contre une compagnie de fond commun ?
   Elle lui lança un regard sec.
   -Pourquoi à ton avis, Fain ? Il ne peut légalement promettre le mariage à la femme qu'il aime. Alors lui, qui est le deuxième membre de plus haut rang de l'armée Andarion, est forcé de se conformer au couvre-feu et aux restrictions de la caserne. La seule manière pour lui d’être hors d'une caserne est de vivre avec le commandant qu'il sert… Sa propre mère. Pendant ce temps, la maîtresse avec laquelle il a passé un contrat est laissée seule pour s’occuper de sa maison et gérer des entreprises qui ne veulent pas traiter avec l'un ou l'autre d'entre eux, parce qu’aucun des deux n’est pleinement Vested et que leur contrat ne s’est pas fait par une agence traditionnelle. "Elle chuchota les derniers mots. "En fait, ils pourraient se faire arrêter tous les deux si quelqu'un étudiait leur cas en profondeur.
   -Pourquoi ne sort-il pas de l'armée, alors ?
   -Et faire quoi ? Il est le fils bâtard d'un War Hauk déshérité. Qui l'engagerait ou traiterait avec lui dans le secteur privé ? Il n'est pas entièrement Vested, Fain. Les écoles de combat ne lui permettront même pas que lui, le Marteau de Fer, forme d'autres combattants.
   -Alors permets-moi de l'adopter. En tant que père, je peux lui donner la protection complète de la maison royale. Il serait alors un eton Anatole et un Winged Batur, et personne n'oserait le regarder dans les yeux, rien de mal ne pourrait lui arriver.
   -Je serai heureux de te l'accorder. Mais ce n'est pas à moi de décider, n'est-ce pas ? Et il n’oubliera pas toute l'humiliation qui lui a été faite depuis sa naissance. Tu as été élevé avec deux des lignées les plus prestigieuses de tout Andaria coulant dans tes veines. Les Andarions gravitaient tous autour de toi à l'école. Tout le monde voulait être ton ami.
   Elle fit un signe du menton vers Talyn qui les attendait sur le bord du trottoir. "Avec ma lignée familiale et la tienne dans ses veines, il aurait dû être dans une caste plus élevée encore que celle où tu as grandi. Au lieu de cela, on lui a craché dessus et on s’est moqué de lui. Rejeté et dégradé par ceux qui n’auraient même pas dû être aptes à lui parler directement. Je ne suis pas celle que tu dois gagner, Fain. C’est lui."
   Fain serra les dents alors que Galene rejoignait son fils. Elle avait raison. Il pouvait voir la façon dont les autres Andarions regardaient Talyn. Bien qu'il ait été un champion titré et leur commandant, ils montraient toujours leur mépris pour lui. Quelque chose qu'ils n'auraient jamais osé faire à War Hauk.
   C'est ce qui rendait Talyn si sévère et réservé envers tout le monde. Pourquoi il ne montrait aucune émotion.
   -Tu vas bien ?
   Fain hocha la tête alors que Dancer le rejoignait. Puis il secoua la tête. "Je ne peux pas croire que j'ai frappé mon propre fils.
   -Tu ne savais pas.
   -Cela ne change rien, n'est-ce pas ?
   Dancer soupira. "Je suis désolé, Fain."
   Il l'était. "Peux-tu me faire une faveur, petit frère ?
   -N'importe quoi.
   -Découvre qui est cette Felicia avec qui il a passé un contrat."
   Peut-être qu'elle pourrait lui donner un aperçu de Talyn.
   La seule chose qu'il avait apprit au cours des années était que la faiblesse d'un homme était toujours la femme qu'il aimait. Talyn pourrait le haïr, mais il l'écouterait elle.
   Si Fain pouvait la mettre de son côté, il pourrait commencer à établir une relation avec Talyn. Il devait au moins essayer.
   -As-tu son nom complet ?" Demanda Dancer.
   "Non. Elle habite dans l’appartement de Talyn. C'est tout ce que je sais d'elle.
   -Oh bien, mais certainement, rends-moi la tâche facile, pourquoi tu ne le fais pas ?
   Il fit un sourire irrité à son frère. "Si j’en savais plus sur elle, je ne te demanderais pas d'informations. Je la trouverais moi-même.
   Dancer le frappa.
   -Tu es vraiment nul comme frère.
   -Ouais, eh bien, tu devrais traiter avec le mien. C'est un imbécile stellaire. "
   Roulant des yeux, Dancer laissa Fain et entra dans le transport derrière Talyn qui s'était assit à côté de sa mère.
   Fain s'assit en face d'eux.
   Pendant qu'ils roulaient, il nota la façon dont Talyn continuait de vérifier son lien et de cacher un sourire alors qu'il envoyait un message à la dérobée à sa femme.
   Ouais, son fils l'aimait. La chérissait. Elle était le chemin de son cœur.
   Et malheureusement, Galene et Talyn, les deux êtres qui le détestaient le plus, étaient les clés du sien.
   Alors qu'il avait regretté une grande partie de sa vie, il n'y avait rien qu'il regrettait plus que de s'en être éloigné. Mais il n'avait pas eu le choix. S'il était resté, Dancer aurait été tué.
   Son frère portait toujours ces cicatrices qui avaient finalement forcé la main de Fain.
   À présent…


 


⇐Lire le chapitre précédent                                                                                                                       

Note de traduction :
*le lorina est un félin de grande taille, vous pouvez en voir une illustration sur la fiche de Nykyrian.

*Marteau de Fer : le surnom de Talyn au combat est Iron Hammer, "Marteau de Fer" en français.

*Vest : Nous avons préféré garder le terme anglais, car difficilement traduisible en un mot en français. To lack veut dire manquer dans le sens ne pas avoir, et vest signifie (droit) acquis. Les Andarions ont un système de castes bien établit, dépendant de la famille dans laquelle ils sont né, et donc de l’autorité et du droit acquis de naissance.
Dans le contexte, vested sera "qui est né avec droit acquis/qui appartient à une caste où on lui reconnait des droits".
Les lack-vest sont tout en bas de l'échelle des castes Andarions. C'est à peine mieux que esclave. Pleins de portes sont fermées : études, emplois, et même le droit de se marier et avoir des enfants est compromis sous peine de sanction.


Texte original © Sherrilyn Kenyon - 2015
Traduction © Dark-Hunter Francophone

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